Illustration de mégots de cigarettes sur le sol, à Paris.
Illustration de mégots de cigarettes sur le sol, à Paris. — GILE MICHEL/SIPA

ENVIRONNEMENT

Moi(s) sans tabac: A Nantes, une asso veut éradiquer les mégots des trottoirs

La jeune chambre économique veut inciter les bars, restaurants ou écoles à collecter les mégots de cigarettes, dans l'objectif de les recycler...

Alors que la deuxième édition de Moi(s) sans tabac commence ce mercredi, et si les fumeurs qui n’étaient pas prêts à lâcher leur cigarette arrêtaient déjà de jeter leurs mégots par terre ? Tel est le crédo de la jeune chambre économique (JCE) de Nantes qui a lancé il y a quelques mois le projet Zéro Mégot. Objectif ? Montrer qu’il s’agit d’un déchet, qui pollue et qu’il est possible de recycler.

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« Rien que sur la ville, on estime que 60 millions de mégots sont jetés par an, indique Alexandra Simon-Blot, chargée du projet à la JCE. Ils contiennent 2.500 produits chimiques, un seul suffit pour polluer 500 litres d’eau ! » Du coup, quelques bars nantais, entreprises, écoles ou encore la fac de langues (LLCE), sur le campus du Terte, ont accepté depuis quelques temps les conserver. Ils seraient une dizaine de structures à se prêter au jeu.

10 kg dans trois restos

Car il n’y a pas tout à oublier dans les mégots : à Brest, l’entreprise MéGO utilise l’acétate de cellulose qu’ils contiennent pour fabriquer de petits objets en plastique. C’est là-bas que sont envoyés les restes de cigarettes nantais. Si le projet n’en est qu’au début, « en trois mois, sur trois restos, j’en ai déjà récolté 10 kilos ! », indique Arnaud Rossignol, de la société Encova qui gère la logistique.

Plusieurs communes de la région auraient déjà manifesté leur intérêt, alors que la mairie travaille sur un grand plan propreté. Reste que pour les entreprises ou autres petites structures, c’est une charge financière supplémentaire. « C’est une super idée mais on ne peut pas continuer à payer pour les mégots de nos clients. Du coup, on vide les cendriers à la poubelle », explique-t-on au bar La Maison, qui a bénéficié du service gratuitement pendant trois mois.

« L’objectif est d’abord la sensibilisation, rappelle Alexandra Simon-Blot. Certains restaurants n’ont même pas de cendriers… et ne voient pas où est le problème quand ils balayent leurs mégots vers le caniveau ! »