Les déchets des bateaux collectés par voie fluviale dans le port de Bordeaux

ENVIRONNEMENT Depuis cet été, la Métropole teste une collecte par voie fluviale des déchets produits par les bateaux amarrés dans le port de la lune et veut aller plus loin...

Elsa Provenzano

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La barge sert à collecter les déchets à bord des bateaux fluviaux et de croisières;
La barge sert à collecter les déchets à bord des bateaux fluviaux et de croisières; — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Depuis cet été, les ordures des bateaux fluviaux et paquebots sont en partie ramassés à l'aide d'une barge, pour éviter le recours à des camions. 
  • Après une péridoe de test, ce mode de collecte est prolongée et va âtre améliorée avec un meilleur tri et d'autres services proposés aux armateurs.
  • Une étude concernant le volet pollution de l'air va être menée sur les quais, l'année prochaine, à une période d'affluence des paquebots. 

S’il y a dix ans, « la vie nautique était quasiment réduite à zéro », selon les termes de Stéphan Delaux, adjoint au maire chargé du tourisme à Bordeaux, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Plusieurs compagnies proposent des excursions sur l’estuaire et le nombre de paquebots en escale dans le port de la lune est plus nombreux chaque année, soit 44 en 2017. Soucieux de soigner l’image de la ville auprès des touristes et conscients que les camions de collecte détonnent sur des quais réservés aux modes de déplacements doux, la Métropole a testé une collecte des déchets par voie fluviale dans le port de la lune, qui va être prolongée.

Suez veut aussi collecter les eaux usées

Pendant la saison estivale, 100 tonnes de déchets ont été collectées, sachant que les déchets produits par les navires s’élèvent à environ 200 tonnes par an. « Un service régulier de collecte par barge permet d’éviter chaque année l’équivalent de cinq camions par jour dans l’hypercentre de la ville », précise la Métropole.

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Suez qui a été choisi au terme d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par la Métropole l’assure c’est « une solution unique qui n’existe pas ailleurs en France ». Christophe Chapron, directeur Collectivités Nouvelle-Aquitaine Recyclage et Valorisation France Suez précise que « les déchets sont apportés directement à proximité du centre de valorisation Astria de Bègles, dont le port a une cale d’accès ». La collecte est prolongée et Suez va améliorer le tri sur les barges (puisque les déchets sont répartis actuellement dans deux containers distincts) à partir de l’année prochaine et réfléchit à proposer d’autres services comme la collecte des eaux grises, soit usagées. Une réflexion est aussi en cours sur une possible électrification des barges, pour éviter tout dégagement de gaz à effet de serre.

L'opération de collecte par voie fluviale a été testée avec succès cet été.
L'opération de collecte par voie fluviale a été testée avec succès cet été. - E.Provenzano / 20 Minutes

« Même s’il y a un petit surcoût, cette solution nous convient parfaitement, commente Jean-Marc Portebois, commandant chez la compagnie fluviale Croisieurope. C’est d’une grande facilité et il y a un côté esthétique (Les poubelles sont chargées côté fleuve) ».

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Et la pollution de l’air ?

Stéphan Delaux l’assure, il y aura bien une étude menée sur la pollution de l’air sur les quais, liée aux escales de paquebots de croisières. Elle avait déjà été annoncée il y a deux ans, sous la pression des élus écologistes d’opposition, mais est finalement tombée à l’eau.

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Suez réfléchit à améliorer sa collecte et à proposer d'autres services aux armateurs.
Suez réfléchit à améliorer sa collecte et à proposer d'autres services aux armateurs. - E.Provenzano / 20 Minutes

« Un paquebot à l’arrêt équivaut à 100 véhicules diesel », pointe Pierre Hurmic, conseiller municipal EELV. A quai, ce sont des moteurs auxiliaires qui fonctionnent au fioul marin (et pas au fioul lourd) qui alimente les groupes électrogènes. Ce sont les fumées dégagées par ces moteurs auxiliaires qui sont en cause. Le groupe écologiste propose que du gaz naturel liquide remplace ce fioul marin, estimant que l’alimentation électrique à quai, comme à Marseille, serait trop coûteuse. Il salue l’initiative de cette collecte par barge, même s'il estime que les pratiques en faveur de l'environnement avancent lentement.