Strasbourg: D'ici 2022, la ville veut en finir avec les livraisons par des véhicules diesel dans le centre

TRANSPORTS Afin de s'emparer du problème des très nombreuses livraisons quotidiennes en camion dans le centre de Strasbourg, les élus alsaciens vont durcir la réglementation...

Bruno Poussard

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Dans la Grand'Rue, les véhicules de livraison sont particulièrement nombreux le matin à Strasbourg.
Dans la Grand'Rue, les véhicules de livraison sont particulièrement nombreux le matin à Strasbourg. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • A Strasbourg, environ 3.600 camions, en moyenne, viennent livrer des commerces dans la ville, et particulièrement dans le centre tous les matins.
  • Pour apaiser la ville et tenter de limiter la pollution, la ville souhaite donc interdire totalement, à l'horizon 2022, les livraisons au diesel.

Le matin, circuler à pied ou à vélo dans le centre de Strasbourg peut parfois relever du parcours du combattant. Dans les rues piétonnes, le slalom est vite indispensable au milieu des nombreux camions de livraison. « On en voit beaucoup trop, on doit même parfois déplacer notre terrasse », estime Jonathan, responsable de la brasserie La Stub.

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Le mardi, comme le jeudi et le vendredi, le restaurateur ne peut d’ailleurs pas s’installer en extérieur avant 11h15. « En plus, certains se garent n’importe comment en face, sans avoir le droit, renchérit-il. Cet été, ça a failli en venir aux mains avec un livreur. » Pour des raisons d’apaisement autant que d’environnement, la ville a décidé de s’en occuper.

Se déplacer à pied ou à vélo dans le centre-ville de Strasbourg nécessite souvent de se faufiler au milieu des camions le matin.
Se déplacer à pied ou à vélo dans le centre-ville de Strasbourg nécessite souvent de se faufiler au milieu des camions le matin. - B. Poussard / 20 Minutes.

Vers une interdiction sur la base des vignettes Crit’Air

Puisqu’il y a ici 3.600 livraisons par jour en moyenne, la municipalité alsacienne compte ainsi interdire les véhicules diesel utilisés dans cette idée sur la Grande Ile à l’horizon 2021 ou 2022. Et ce en plusieurs étapes, d’après les détails d’une délibération autour de la logistique urbaine qui sera votée en Conseil municipal, le lundi 23 octobre 2017.

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Les véhicules de livraison avec la vignette Crit’Air 5 (ou sans pastille) seront ainsi interdits dans le centre-ville dès septembre 2018. Un an plus tard pour ceux avec la vignette Crit’Air 4. Les transporteurs seront aussi limités à 7,5 tonnes, et l’horaire d’entrée abaissé à 10h30 (et prolongé à 11h30 pour les véhicules propres).

Pour forcer commerçants et logisticiens à réfléchir

« On souhaite éviter que ces gros camions ne viennent sur la Grande-Ile, car ils polluent et abîment parfois le patrimoine », résume en guise de justification le maire, Roland Ries. Appuyé par Paul Meyer, adjoint en charge du quartier du centre : « Aujourd’hui, certains habitants refusent même d’utiliser, à pied, certains axes le matin. »

L’idée de la ville : forcer les différents acteurs à repenser leur approvisionnement. « On sait que le diesel tue depuis 30 ans, mais ça fait 30 ans que le nombre de véhicules diesel augmente, insiste l’adjoint Jean-Baptiste Gernet. On veut inciter les commerçants à mieux s’organiser pour optimiser les livraisons. » En débutant par le centre-ville afin d’en faire un exemple.

« On sait que des livraisons plus vertueuses sont techniquement possibles, la technologie est mûre, mais on a besoin de mettre un cadre réglementaire en place pour que ça fonctionne », embraye cet adjoint en charge de la logistique urbaine. Un premier pas avant d’aller plus loin, sur l’eau, notamment…