La première éolienne maritime de France inaugurée à Saint-Nazaire

ENVIRONNEMENT Cet engin flottant sera installé ces prochains jours au large du Croisic...

Frédéric Brenon

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Image de synthèse d'une éolienne similaire au projet Floatgen.
Image de synthèse d'une éolienne similaire au projet Floatgen. — Ideol
  • L'éolienne Floatgen est flottante et non pas fixée au fond de l'océan comme la plupart des projets connus.
  • Culminant à 60 mètres de haut, elle sera branchée au réseau électrique mais servira de test pendant deux ans.

On en entend parler depuis des années mais aucune n’avait encore vu le jour en France. La toute première éolienne en mer du pays est inaugurée ce vendredi midi à Saint-Nazaire. Baptisé Floatgen, l’engin, dont la construction aura duré un an et demi, sera installé ces prochains jours au large du Croisic (Loire-Atlantique), à environ 20 km des côtes. Sa mise en service s’effectuera début 2018.

Grâce à ses pales culminant à 60 m de haut, il disposera d’une puissance de 2 MW, de quoi couvrir la consommation annuelle de près de 2.000 foyers. Originalité de taille : il ne s’agit pas d’une éolienne fixée au fond de l’océan, comme la majorité des projets connus, mais d’une éolienne flottante installée sur un immense flotteur en béton léger.

Les atouts du flottant

« Il y a plus de 3.000 éoliennes en mer installées dans le monde mais on ne compte que six unités flottantes (quatre au Japon, une en Norvège, une au Portugal) », expliquait en janvier Paul de la Guérivière, PDG d’Idéol, la start-up fraçaise qui porte le projet évalué à 25 millions d’euros en partenariat, notamment, avec Bouygues TP et l’école Centrale de Nantes. Une ferme éolienne de cinq unités a également vu le jour cet été au large de l’Ecosse.

« L’éolien flottant a pour avantage de ne pas avoir de contrainte de profondeur, donc de pouvoir aller chercher des vents forts plus au large, sans impact visuel sur les côtes. Le potentiel est très important », poursuit le PDG d’Idéol.

Test grandeur nature de deux ans

Une fois en mer, le flotteur de l’éolienne française sera ancré à 33 mètres de fond par des lignes en nylon. Puis branché au réseau électrique par un câble haute tension sous-marin déjà installé. Le fonctionnement ne sera pas commercial, il s’agira d’un test grandeur nature mené pendant deux ans en vue des prochains appels d’offres que doit lancer le gouvernement français.

Outre cette éolienne flottante, six projets commerciaux de parcs éoliens maritimes, avec des éoliennes fixées au fond de l’océan, doivent voir le jour. Les trois premiers, au large de La Baule, Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), devraient être mis en service en 2021.