Ils inventent l'aile qui tractera demain les navires... et les rendra plus écolos

TECHNOLOGIES Une méga aile de kitesurf pour tirer des navires de plusieurs tonnes. C'est l'idée qui a germé dans la tête de salariés d'AirSeas et qui est en train de voir le jour...

Beatrice Colin

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L'aile SeaWing, développée par la société toulousaine AirSeas, devrait être opérationnelle d'ici fin 2019.
L'aile SeaWing, développée par la société toulousaine AirSeas, devrait être opérationnelle d'ici fin 2019. — AirSeas
  • Une start-up toulousaine développe une aile automatisée qui doit permettre aux armateurs de moins consommer de fuel et moins polluer.
  • L’aile SeaWings sera opérationnelle d’ici fin 2019.

D’ici quelques années, on croisera en pleine mer des navires de commerce tractés par des ailes taille XXL, ressemblant furieusement à celles d’un kitesurf. Et c’est bien en pensant au sport de glisse que des ingénieurs d’Airbus ont eu l’idée de développer cette technologie, totalement automatisée. Pour y parvenir, ils se sont servis de leurs connaissances en matière de commandes de vol aéronautiques et les ont appliquées au domaine du transport maritime.

Au sein de la start-up toulousaine AirSeas, ils ont mis au point SeaWing, une aile volante souple qui permettra aux gros cargos des mers d’être moins polluants. « Cette aile permet une réduction de la consommation de fuel des navires de 20 % », indique Vincent Bernatets, le fondateur de la société.

Ce mercredi, à Toulouse, il défendra son projet lors de la conférence internationale sur les technologies émergentes, EmTech, qui réunit des chercheurs, entrepreneurs et investisseurs aussi bien dans le domaine des neurosciences, de la robotique que de l’intelligence artificielle.

Un rendez-vous qui pourrait lui permettre de rencontrer de futurs investisseurs pour son entreprise, déjà soutenue par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Prototype en test

Depuis quelques semaines, le prototype à échelle réduite de 16 m2 est testé en mer. A la fin de la campagne de tests, la phase d’industrialisation débutera « Nous développons plusieurs tailles d’ailes, une de 500 m2 et une de 1 000 m2. Celle de 1 000 m2 permet de tracter un navire de 100 000 à 150 000 tonnes », poursuit Vincent Bernatets.

D’ici deux ans, la première SeaWing doit être mise en service sur un bateau Airbus qui convoie des morceaux d’avions entre ses usines. « Deux armateurs, parmi les plus importants, nous ont fait part de leur volonté d’en doter leur flotte. Nous espérons à terme équiper jusqu’à 15 % des bateaux qui naviguent aujourd’hui », envisage le responsable de la start-up.

Economies et maniabilité

Quand on sait que 28.000 navires de plus de 100 mètres de long transportent 90% du fret mondial, on imagine vite l'impact que cette technologie pourrait avoir. Comme chacun d'entre eux consomme 5 à 10 millions d'euros de carburant par an, le calcul est vite fait.

Et pour convaincre les armateurs, Vincent Bernatets met en avant d'autres arguments, notamment la maniabilité de son aile.

« Nous exploitons des données météo et océanographique. Un algorithme permet de déterminer la route idéale du bateau et la met à jour avec les données en temps réel. C’est une aide à la décision pour la capitaine qui peut avoir une utilisation optimisée de l’aile et maximiser les économies de fuel. Il a un simple bouton on/off pour sortir ou rentrer l’aile », conclut-il.