VIDEO. Glyphosate: Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert évoque une prolongation de «5 à 7 ans»

PESTICIDE Ce pesticide très décrié est défendu par certains agriculteurs, qui manifestaient ce vendredi pour demander le maintien de ce produit qualifié de « cancérogène probable » par l’OMS…

20 Minutes avec AFP

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Des agriculteurs ont manifesté vendredi 22 septembre sur les Champs Elysees pour le maintien du Glyphosate.
Des agriculteurs ont manifesté vendredi 22 septembre sur les Champs Elysees pour le maintien du Glyphosate. — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Ce pesticide fait l’objet d’une bataille au niveau européen : la Commission européenne souhaite que l’autorisation soit prolongée de dix ans.
  • Nicolas Hulot avait annoncé dès la fin août que la France voterait contre la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du glyphosate.
  • Des agriculteurs ont manifesté sur les Champs-Elysées pour demander le maintien de cet herbicide tant qu’aucune autre solution n’est disponible.

Une réduction progressive plutôt qu’une interdiction. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a évoqué vendredi la possibilité d’une prolongation « de 5 à 7 ans » de l’usage du désherbant controversé glyphosate en France, au lieu des dix ans souhaités par la Commission européenne.

Une réduction progressive

« La France est contre le fait de prolonger l’utilisation du glyphosate pour dix ans », a rappelé le ministre de l’Agriculture sur RTL, au soir d’une manifestation d’agriculteurs demandant le maintien de cet herbicide tant qu’aucune autre solution technique n’est disponible à un coût abordable pour désherber les champs. Le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot avait annoncé dès la fin août que la France voterait contre la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du glyphosate.

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Pour Stéphane Travert, la France devrait proposer un renouvellement pour « cinq à sept ans », « de manière à accompagner les changements dans les pratiques agricoles ». Cette période devrait permettre, selon le ministre, de « réduire progressivement l’utilisation des pesticides », objectif fixé par le candidat Macron durant la campagne électorale. « Je me réjouis qu’avec Nicolas Hulot nous puissions porter ensemble cette trajectoire » a-t-il ajouté.

Pas d’équivalents ou plus dangereux

Vendredi matin, quelque 200 agriculteurs ont bloqué la circulation sur les Champs-Elysées pour demander le maintien de ce désherbant qui leur permet d’obtenir des rendements comparables à ceux des céréales et des produits agricoles importés utilisant aussi le glyphosate, notamment en provenance des Etats-Unis et du Brésil.

L’autorisation européenne d’utilisation du glyphosate « tombe au 15 décembre » a rappelé Stéphane Travert.

« Il n’y a pas d’équivalent (au glyphosate) aujourd’hui sur le marché, ou alors ils sont encore plus dangereux », a ajouté le ministre, qui souhaite donc « trouver une solution pour prolonger les choses » et « accompagner la recherche publique ou privée pour concevoir des méthodes de substitution » à ce produit contesté.

« On doit construire une étape d’une réduction réussie et progressive du glyphosate », a-t-il dit. Le glyphosate, herbicide le plus employé dans le monde, a été qualifié de « cancérogène probable » en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’agence européenne en charge des produits chimiques (ECHA) et celle de la sécurité des aliments (EFSA) ont pour leur part estimé que cette substance ne pouvait être classée comme telle. Récemment, l’associationGénérations Futures a indiqué avoir retrouvé des résidus de glyphosate dans des céréales de petit-déjeuner, des légumineuses et des pâtes. Aucun dépassement de la limite maximale en résidus autorisés (LMR) n’a été constaté, mais cette annonce a avivé un peu plus la polémique en cours.

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