Plan Climat: Les coups de pouce de Nicolas Hulot toucheront-ils trop peu de Français?

AIDE FINANCIERES Le ministère de la Transition écologique a annoncé ce lundi matin quatre mesures destinées à inciter les Français à réduire leur empreinte carbone…

Fabrice Pouliquen

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Nicolas Hulot a présenté ce lundi matin quatre mesures concrètes de son plan climat qui vise à aider les ménages, en particulier les plus modestes, à investir pour réduire leur taxe carbone.
Nicolas Hulot a présenté ce lundi matin quatre mesures concrètes de son plan climat qui vise à aider les ménages, en particulier les plus modestes, à investir pour réduire leur taxe carbone. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Nicolas Hulot a annoncé ce lundi matin les quatre premières mesures concrètes visant à mettre en oeuvre son plan climat : prime à la casse étendue, chèque énergie, crédit d’impôt transformé en prime et coup de pouce pour changer la chaudière.  
  • Ces mesures ciblent essentiellement les ménages les plus modestes, ce que regrette l'association de consommateurs CLCV.

Prime à la casse étendue, chèque énergie, crédit d’impôt transformé en prime et coup de pouce pour changer la chaudière… Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a présenté ce lundi matin dans les colonnes deLibération, les quatre premières mesures phares et concrètes du plan Climat, qui vise à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

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« Un volet de réponses entre les mains des particuliers »

Ces quatre mesures[que nous développons ici] constituent, selon Nicolas Hulot, « le paquet solidarité climatique » qui « permettra à tous les Français, et en priorité les plus modestes, de participer à la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air ».

Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, abonde : « Il y a tout un volet de réponses entre les mains des particuliers pour mettre en œuvre l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique, rappelle-t-il à 20 Minutes. Une partie du CO2 rejeté dans l’air est générée par nos déplacements ou lorsque nous chauffons nos logements. Or, dans nos vies quotidiennes, les marges de manœuvre pour changer nos comportements et diminuer notre empreinte carbone sont assez résiduelles. On peut toujours baisser d’un ou deux degrés la température ambiante de son appartement, si la chaudière à fuel reste vieille et polluante, l’impact de nos efforts sera limité. Pour être réellement efficace, il est souvent nécessaire de passer par la case investissement. »

Ces quatre mesures visent alors à aider les particuliers à investir avec un accent mis donc sur les foyers les plus modestes. Les ménages non imposables pourront par exemple profiter d’une prime à la casse de 2.000 euros pour troquer un vieux véhicule polluant pour une voiture à faible émission de CO2, contre 500 à 1.000 euros jusqu’à présent. Les certificats d’économie d’énergie permettront aussi aux ménages aux revenus les plus modestes de profiter d’un coup de pouce, jusqu’à 3.000 euros, pour changer une chaudière à fioul, très polluante.

Autre exemple : « le chèque énergie », expérimenté depuis 2016 dans quatre départements. Le dispositif sera désormais étendu à tout le pays et versé désormais automatiquement. Le dispositif vise à aider les ménages aux revenus très bas (moins de 7.500 euros annuels pour une personne seule ou 16.100 euros pour un couple avec deux enfants) à payer leur facture d’énergie (gaz, électricité, fioul, bois…).

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Quid des classes moyennes ?

François Carlier, délégué général de la CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et des usagers), estime que « ces mesures vont dans le bon sens » et salue notamment « la possibilité désormais de faire jouer la prime à la casse pour l’achat d’un véhicule d’occasion » du moment qu’elle porte une vignette Crit’Air 0, 1 ou 2.

François Carlier émet toutefois un bémol : « On peut avoir un doute sur le nombre de personnes concernées par ces nouvelles annonces. Elles s’inscrivent dans la logique des mesures prises depuis quelques années maintenant en matière de transition écologique : la possibilité d’en bénéficier est très souvent conditionnée aux revenus des ménages. La classe moyenne, catégorie dans laquelle pourtant entre la majorité des ménages français, est toujours peu incitée à changer ses comportements. »

« Une grande nouveauté sur la prime à la casse »

Sébastien Lecornu se défend avec un contre-exemple :la prime à la casse. Elle était jusque-là réservée aux ménages les plus modestes. « Ce ne sera plus le cas à partir du 1er janvier 2018, précise le secrétaire d’État. Tous les Français propriétaires d’un véhicule essence d’avant 1997 ou diesel d’avant 2001 pourront bénéficier d’une prime de 1.000 euros pour changer leur voiture pour un modèle moins polluant, quelles que soient les conditions de ressources, précise le secrétaire d’État. Ce n’est pas rien. »

Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire le 28 août 2017, ici en compagnie de Brune Poirson, elle aussi dans l'équipe rapprochée de Nicolas Hulot.
Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire le 28 août 2017, ici en compagnie de Brune Poirson, elle aussi dans l'équipe rapprochée de Nicolas Hulot. - SIPA

Certes, mais François Carlier reste dubitatif. « Les 1.000 euros de prime ne s’appliqueront qu’aux véhicules essence d’avant 1997 ou diesel d’avant 2001, fait-il remarquer. Soit relativement peu de véhicules. » Le ministère de la transition écologique et solidaire assure tout de même que 3 millions de véhicules sont concernés sur les quelque 38,5 millions de véhicules en circulation en France (chiffre 2015 du Comité des constructeurs français d’automobiles).

De quoi rester ambitieux pour Sébastien Lecornu : « Nous nous fixions l’objectif que cette prime à la conversion soit utilisée à 100.000 reprises en 2018, lance Sébastien Lecornu. Autrement dit, nous espérons retirer de la circulation 100.000 véhicules polluants pour des voitures à faible émission de C02. »