Accord de Paris sur le climat: Les Américains soufflent le chaud et le froid

ENVIRONNEMENT Les Américains ont envoyé un délégué à Montréal pour une rencontre internationale sur le climat...

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Hulot lors de la présentation du «plan climat», le 6 juillet 2017 à Paris.
Nicolas Hulot lors de la présentation du «plan climat», le 6 juillet 2017 à Paris. — AFP

Les ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays ont débroussaillé samedi à Montréal les règles permettant d’atteindre les objectifs de réduction des émissions convenus dans l’accord de Paris, et ont acté le retour progressif dans le jeu des Etats-Unis.

La conférence ministérielle s’est déroulée 30 ans jour pour jour après la signature du Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone, « un accord international historique », selon la ministre canadienne du Changement climatique Catherine McKenna. Afin de respecter un calendrier ébranlé par l’annonce en juin par le président Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le climat (COP21), l’Union européenne, la Chine et le Canada ont pris les rênes et affiché leur volonté d’aller de l’avant.

Les Etats-Unis font volte-face

Les Américains, qui avaient envoyé à Montréal un délégué, ont assoupli leur position. Selon Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’Action pour le climat, les Etats-Unis « ont indiqué qu’ils ne renégocieraient pas l’accord de Paris mais qu’ils allaient passer en revue les termes sur lesquels ils sont engagés par cet accord ». « Tous les acteurs autour de la table, y compris les Etats-Unis, actent que l’accord de Paris est irréversible », a indiqué de son côté Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique.

Mais depuis Washington samedi soir, la présidence américaine a fait volte-face : « Il n’y a eu aucun changement dans la position des Etats-Unis à l’égard de l’accord de Paris », a répliqué la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders. « Comme le président (Trump) l’a clairement dit à plusieurs reprises, les Etats-Unis se retirent, à moins que nous puissions le réintégrer avec des termes plus favorables à notre pays », a-t-elle ajouté.

Un flou qui n’inquiète pas car, selon Nicolas Hulot, les Etats américains comme la Californie, les grandes villes mais aussi « les grands et petits acteurs économiques vont par leur dynamisme compenser le frein » qui peut être mis par « l’attitude de l’administration du président américain ».

 

La Chine observée de près

« Quelle que soit la puissance des Etats, personne n’est à l’abri des changements climatiques », a ajouté le ministre français en référence aux Etats-Unis touchés par les inondations à Houston ou les ravages de l’ouragan Irma en Floride.

« Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents, plus puissants et plus destructeurs » avec les changements climatiques, a rappelé Catherine McKenna. Et la ministre canadienne de prendre l’exemple « des enfants à Barbuda qui n’ont même plus d’école » après le passage de l’ouragan Irma qui a dévasté l’île des Caraïbes il y a une semaine.

Gros émetteur de CO2, la Chine a fait part de son intention d’interdire la vente d’automobiles propulsées par des moteurs à carburants fossiles, un objectif ambitieux pour le premier marché automobile au monde. Xie Zhenhua, négociateur chinois pour le climat, a jugé nécessaire de prendre rapidement des mesures pour « nous assurer que nous pouvons réaliser les objectifs » fixés par l’accord de Paris.