Le changement climatique rend-il les cyclones comme Harvey plus dévastateurs?

SCIENCES La tempête tropicale devrait battre le record historique de précipitations aux Etats-Unis...

P.B. avec AFP

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L'ouragan Harvey vu du ciel le 24 août 2017.
L'ouragan Harvey vu du ciel le 24 août 2017. — NASA/SIPA

En deux jours, c’est comme si six rivières Mississippi s’étaient déversées sur la région de Houston. Avec plus de 125 cm de précipitations, Harvey semble avoir battu un record historique aux Etats-Unis. Plus que jamais, la question du rôle joué par le changement climatique se pose. Mais les scientifiques restent très prudents.

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Des phénomènes moins fréquents…

Il y a toujours eu des cyclones dévastateurs dans la ceinture tropicale. Faute de données satellitaires à l’échelle planétaire avant 1970, il n’est pas possible de dire comment l’activité cyclonique a évolué au 20e siècle. Dans l’Atlantique nord, depuis une vingtaine d’années, une augmentation de la fréquence des cyclones a été constatée mais c’était l’inverse entre 1970 et 1995, selon Franck Roux, de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. Dans le Pacifique nord-ouest, il y a eu une légère diminution de l’activité cyclonique entre 1980 et 2010.

… Mais plus violents ?

Les modèles informatiques simulant le climat du 21e siècle font état d’un possible renforcement de l’intensité des cyclones (vents et pluies) et d’une possible baisse de leur fréquence au niveau du globe. "Des cyclones d’une intensité plus grande sont l’une des conséquences attendues du changement climatique", explique Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, groupe de référence au niveau mondial sur le climat.

De l’air plus chaud absorbe davantage d’humidité

C’est un phénomène physique implacable. L’air chaud se dilate et peut absorber davantage d’humidité, ce qui rend les précipitations d’une tempête tropicale comme Harvey plus intenses. Et pour la première fois depuis qu’elle est mesurée, la température de surface de l’eau du golfe du Mexique n’est pas tombée en dessous de 22.5°C l’hiver dernier.

Le professeur de sciences atmosphériques John Nielsen-Gammon estime qu’avec 7 % d’humidité en plus dans l’atmosphère, Harvey a sans doute vu des précipitations grimper d’environ 5 cm. Cela peut être la différence entre des inondations graves et catastrophiques.