Journée mondiale sans sacs plastique: Les interdictions sont-elles respectées?

ECOLOGIE A l’occasion de la journée mondiale sans sacs plastique organisée ce mardi 3 juillet, « 20 Minutes » est allé regarder de plus près le respect des interdictions…

Océane Marache

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Les sacs plastiques fins sont interdits à la distribution depuis juillet 2016.
Les sacs plastiques fins sont interdits à la distribution depuis juillet 2016. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives
  • La journée mondiale sans sacs plastique se déroule le 3 juillet.
  • Depuis deux ans des restrictions et interdictions existent en France.
  • Magasins et restaurants ne les respectent que partiellement.

Les sacs plastique c’est fini… ou presque. Le 1er juillet 2016, une loi entrait en vigueur, interdisant les sacs plastique fins en caisse qu’ils soient gratuits ou payants. Six mois plus tard, l’interdiction était étendue à tous les points de distribution (boucherie, fruits et légumes…). Lorsque cette décision survient, l’état des lieux dressé par le gouvernement est inquiétant : sur les cinq milliards de sacs fins en plastique distribués en caisses et les douze milliards distribués aux rayons fruits et légumes en 2016, la plupart se retrouvent dans la nature. Cette loi devait donc mettre fin à un problème écologique. Un an plus tard, 20 Minutes a profité de la journée mondiale sans sacs plastique pour faire un état des lieux.

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L’interdiction suivie…

A l’heure du déjeuner dans le 15e arrondissement de Paris, les magasins et établissements de restauration à emporter fourmillent de travailleurs affamés. Chacun vient chercher de quoi grignoter avec à la clef, son déjeuner emballé le plus souvent dans un sac. Premier constat, la majorité des sacs sont payants, surtout dans les supermarchés.

Dans ces derniers, plus aucun sac en plastique fin n’est disponible : sacs en papier ou compostables pour les fruits et légumes et sacs réutilisables payants aux caisses. Les petites épiceries de quartier respectent elles aussi la loi. « Nous n’avons pas le droit aux petits sacs plastique », résume une vendeuse bien informée.

… Partiellement

Si certains suivent à la lettre le code de l’environnement, d’autres sont plus laxistes sur le sujet. Les restaurants rapides, type asiatiques ou grecs, ont presque tous choisi la facilité : les sacs en plastique jetables. Chaque client ressort avec son déjeuner dans une barquette, elle-même mise dans un sac fin.

Pourtant, selon les nouvelles directives « en cas de non-respect de cette interdiction, le contrevenant peut être mis en demeure de respecter la réglementation. S’il passe outre, il est passible des sanctions administratives et/ou des sanctions pénales prévues par le Code de l’environnement, soit deux ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende ».

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Un manque d’accompagnement des commerçants

Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France n’est pas surpris sur ce constat mitigé. « J’adhère à 3.000 % à l’initiative de cette journée sans sacs plastiques mais les commerçants n’en sont pas assez informés, pourtant ça les concerne directement », confie-t-il à 20 Minutes. Cette loi a été un grand tournant pour les commerces « ils nous ont imposé ça brutalement et beaucoup se sont retrouvés avec des stocks importants de sacs plastiques sans ne plus savoir qu’en faire », précise-t-il.

Selon lui, c’est avant tout le coût de cette nouvelle réglementation qui explique que certains commerces ne suivent pas l’interdiction : « il n’y a eu aucun accompagnement de gestion d’achat de nouveaux sacs par le gouvernement Hollande », assure le professionnel.

« On aimerait aller plus loin »

L’ONG France Nature Environnement (FNE) confirme le bilan (contrasté) des interdictions mises en place. « C’est un premier pas intéressant mais pas complet, elles auraient dû être plus accompagnées avec un guide de prévention notamment », estime Thibaud Saint-Aubin, le responsable « déchets » de l’ONG

Désormais, FNE « aimerait aller plus loin » car les sacs en bioplastiques utilisés dans la plupart des magasins « ne sont pas tous biodégradables puisque la plupart contiennent encore du pétrole. Il y a un manque de clarté et les gens se méprennent », poursuit-il.

En 2020 ce sera au tour des couverts en plastique de se voir interdits. Le responsable de l’ONG attend de voir le déroulement de cette transition : « On sait qu’on ne peut pas éliminer le plastique du jour au lendemain mais cette situation doit rester une étape transitoire avant une réelle élimination ».