Australie: Des scientifiques pêchent une espèce de poisson sans tête censée être disparue depuis 1873

SCIENCES Parce qu’il vit à 4.000 mètres de profondeur dans une obscurité totale, l’animal n’a pas besoin d’yeux, dont il est d’ailleurs dépourvu…

20 Minutes avec agence

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Des scientifiques australiens ont, en mai 2017, pêché dans l’océan Pacifique, au sud de Sydney (Australie), un poisson qui était présumé disparu depuis 1873.
Des scientifiques australiens ont, en mai 2017, pêché dans l’océan Pacifique, au sud de Sydney (Australie), un poisson qui était présumé disparu depuis 1873. — Musée Victoria

Des scientifiques du Musée Victoria et de l’Organisation pour la recherche fédérale scientifique et industrielle en Australie (CSIRO) ont récemment pêché dans l’océan Pacifique, au sud de Sydney (Australie), un poisson dépourvu d’yeux et dont la bouche se trouve sous le corps.

Cette espèce, dont le dernier spécimen avait été observé en 1873, était présumée disparue. Mesurant une quarantaine de centimètres, l’animal sans réel visage évolue habituellement à des milliers de mètres de profondeur.

Explorer les profondeurs de l’océan jusqu’à 4.000 mètres

Dans un tel environnement sous-marin, l’obscurité est complète et les créatures qui y vivent n’ont pas besoin d’utiliser leurs yeux, dont ils sont d’ailleurs souvent dépourvus, explique dans un communiqué Tim O’hara, le directeur de l’expédition scientifique à l’origine de la découverte.

C’est dans le cadre d’une mission débutée mi-mai qu’a été pêché le poisson dont le nom précis n’a pas été communiqué. Mobilisant un groupe de 27 spécialistes pendant un mois, l’expédition a pour but d’explorer les profondeurs de l’océan jusqu’à 4.000 mètres dans une région délimitée par la Tasmanie (sud) et les côtes de l’Etat australien du Queensland (nord).

Des espèces « qui n’ont jamais encore été vues »

A l’aide de filets, de sonars et de caméras alimentés par des câbles pouvant mesurer jusqu’à huit kilomètres de long, les chercheurs espèrent recueillir des informations permettant à terme de mieux connaître les abysses sous-marins, mais aussi la biodiversité et l’équilibre écologique qui y règnent.

« Il y a beaucoup de puces de mer, de vers, de crabes et d’autres choses qui sont totalement nouvelles et qui n’ont jamais encore été vues », raconte Tim O’Hara. Sans oublier les étoiles de mer bioluminescentes, les araignées de mer géantes, les crabes à pointes ou… l’incroyable quantité de déchets que les spécialistes ont découvert dans les très grandes profondeurs de l’océan.