Sans trop se mouiller, Météo France table sur un été 2017 chaud

METEO L’organisme de prévision a livré ce mercredi ses prévisions saisonnières pour les trois mois à venir. Cet été 2017 a 50 % de chances d’enregistrer des températures supérieures à la normale...

Fabrice Pouliquen

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Illustration de la chaleur, d'une météo très ensoleillée à Paris.
Illustration de la chaleur, d'une météo très ensoleillée à Paris. — DUPUY FLORENT/SIPA
  • L'été s'annonce chaud, a indiqué mercredi Météo France dans ses prévisions saisonnières sur les trois mois à venir.
  • En revanche, ces prévisions saisonnières ne donnent aucune indication sur les pluies ni sur d'éventuels épisodes de canicule à attendre.
  • Dans l'immédiat, attendez-vous à de la pluie d'ici la fin de la semaine.

Chaud ou froid ? Pluvieux et sec ? Les vacances d’été approchent à grands pas et, avec, les interrogations sur le temps qu’il fera. A quelle sauce « climatique » allons-nous être mangés cet été ? Météo France a convié la presse, ce mercredi matin à Paris, pour apporter quelques éléments de réponses.

Probabilité et grandes échelles

Autant vous prévenir tout de suite, les prévisions saisonnières pour le trimestre à venir, soit juin-juillet-août, gardent leurs lots d’incertitudes… Jean-Michel Soubeyroux, climatologue, avait prévenu en début discours : « Vous avez l’habitude des prévisions météorologiques qui traduisent un état instantané de l’atmosphère. Elles donnent des indications jusqu’à dix jours. »

Prévoir la météo sur les trois mois à venir est une autre paire de manches. On raisonne alors dans des scénarios de probabilités établis sur de grandes échelles. « Pour les prévisions saisonnières, nous nous penchons sur les états moyens de l’atmosphère, c’est-à-dire l’observation des océans, de l’atmosphère et des glaces de mer, précise le climatologue. Leur évolution est plus lente et plus prévisible. On a alors une source de visibilité que l’on va pouvoir exploiter pour faire des prévisions à plus long terme. »

Un scénario plus chaud que la normale ?

Manque de chance, ce coup-ci, les états océaniques comme atmosphériques « ne permettent pas de déduire grand-chose, doit reconnaître Jean-Michel Soubeyroux. La machine climatique planétaire présente en ce moment très peu d’écart à son état moyen, poursuit-il. On note un réchauffement quasi généralisé qui illustre notamment l’effet du changement climatique, mais pas d’anomalies localisées susceptibles d’enclencher de grandes tendances dynamiques sur le trimestre à venir. »

Météo France a établi ses prévisions saisonnières probabilistes des températurespour l'été 2017
Météo France a établi ses prévisions saisonnières probabilistes des températurespour l'été 2017 - Meteo France

 

Météo France se risque tout de même à établir quelques scénarios pour les trois mois à venir. Notamment pour les températures. Selon l’organisme de prévision, cet été 2017 a ainsi 50 % de chances de s’inscrire dans un scénario plus chaud que la normale, 30 % dans la normale et 20 % en dessous de la normale. La probabilité pour que la saison soit plus chaude que la normale grimpe à 60 % pour l’Europe du sud et le bassin méditerranéen.

Météo France sèche sur les précipitations

Qu’est-ce que cela veut dire ? « Nous faisons des prévisions saisonnières depuis 1981, et, depuis cette date, nous avons répertorié les années en trois classes suivant les températures rencontrées, explique Jean-Michel Soubeyroux. Il y a 50 % de chances que cet été 2017 s’inscrive dans le tiers le plus chaud. »

Pour ce qui est des précipitations, Météo France sèche totalement. « Aucune tendance ne se dégage sur l’Europe dans les modèles de prévision saisonnière pour l’été à venir, indique Jean-Michel Soubeyroux. Ce n’est pas la première année que cela arrive. Sur un trimestre, la prévisibilité des précipitations est plus difficile encore à déterminer que celle des températures, tout simplement parce que les précipitations dépendent de phénomènes plus soudain et de plus petites échelles. »

De la pluie en fin de la semaine

Dans l’immédiat, Météo France prévoit le retour de précipitations en France pour la fin de la semaine. Elles devraient être accueillies avec soulagement dans de nombreuses régions de France en proie à la sécheresse. En particulier les Hauts-de-France et le Grand Est.

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L’Hexagone a connu un déficit pluviométrique proche de 30 % sur les six derniers mois. Les pluies début mai ont apporté un peu de répit, mais à partir du 20 mai, le thermomètre a grimpé pour atteindre des records. Les sols superficiels sont secs, notamment sur les régions du Nord où la situation reste préoccupante, indique Météo France. Le déficit d’humidité est marqué du département du Nord et de l’Aisne à la Moselle, du sud des Pays de la Loire au Poitou-Charentes ainsi que du Gers à l’Aude.

Le déficit d’humidité est aussi marqué en Corse où, après un hiver très arrosé, les précipitations ont été quasi absentes depuis début mars. « La sécheresse des sols superficiels atteint d’ores et déjà des valeurs records », indique Météo France.