Australie: Quand les douaniers détruisent un herbier français vieux de 200 ans

BIODIVERSITÉ Les précieuses plantes avaient été numérisées et sont donc toujours observables en ligne mais leur composition organique est perdue à jamais pour les scientifiques du monde entier...

20 Minutes avec agence

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L'Herbier national, le plus grand et le plus ancien herbier du monde, en novembre 2013 au muséum d'histoire naturelle de Paris
L'Herbier national, le plus grand et le plus ancien herbier du monde, en novembre 2013 au muséum d'histoire naturelle de Paris — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un herbier vieux de plus de deux siècles a été détruit par des douaniers australiens. L’objet avait été envoyé par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à des scientifiques de Brisbane (Australie) qui souhaitaient les étudier de plus près.

Mais à son arrivée sur le territoire, les agents des douanes en charge de la biosécurité du pays ont incinéré l’objet qui recelait une centaine de plantes, dont certaines avaient été cueillies il y a 230 ans.

Une ​​​​​​​« perte irréparable »

Une ​​​​​​​« perte irréparable » pour Michel Guiraud, le directeur des collections du MNHN. « Dans cet herbier, il y avait six spécimens types, c’est-à-dire des spécimens de référence, qui portent absolument tous les critères permettant de décrire une plante. […] On a détruit des indices de la biodiversité d’il y a 200 ans, qui sont importants quand on veut étudier les changements climatiques », explique le spécialiste à France Info.

« Cet herbier nous permettait d’avoir une vision de la diversité de la flore à un instant précis de l’histoire de la planète. […] D’un point de vue patrimonial, cet herbier pouvait nous renseigner sur les connaissances et les pratiques scientifiques d’une époque à travers les techniques et les matériaux utilisés pour conserver les plantes », regrette quant à elle Lucie René, une étudiante en master de paléontologie au MNHN citée par Le Figaro.

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L’herbier peut encore être vu en ligne

Demandées au muséum français par les chercheurs australiens dès décembre 2016, les précieuses plantes n’étaient finalement parties pour l’île-continent qu’en mars dernier, après le règlement de lourdes démarches administratives. Pourtant, « les services de quarantaine indiquent que les documents nécessaires n’avaient pas été remplis », précise au Guardian Michelle Waycott, une chercheuse australienne.

Les spécimens avaient été numérisés et pourront donc toujours être vus en ligne par les spécialistes du monde entier. Mais la composition organique des espèces végétales disparues est, elle, perdue pour toujours.