VIDEO. Fukushima: La zone d’évacuation autour de la centrale réduite, mais les candidats au retour sont peu nombreux

JAPON Pour les évacués de Fukushima, le choix est douloureux...

M.C.

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Extrait du documentaire «Revenir à Fukushima», diffusé jeudi sur France 5.
Extrait du documentaire «Revenir à Fukushima», diffusé jeudi sur France 5. — France 5

Un peu plus près de la centrale. Six ans après la triple catastrophe du 11 mars 2011, la zone d’évacuation autour de Fukushima Daiichi va être réduite le 1er avril prochain à un tiers de sa taille initiale, permettant à ceux qui le souhaitent de retourner chez eux. Mais pour les évacués de Fukushima, le choix est douloureux.

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Dans le Nord-Est du Japon meurtri par le tremblement de terre, le tsunami et l’accident nucléaire, quelque 123.000 personnes n’ont toujours pas pu regagner leur logis – dont 80.000 dans le seul département de Fukushima -, et vivent dans des centres d’hébergement temporaire préfabriqués, des logements loués ou chez des proches à travers le Japon, subissant parfois discrimination et violences.

Le documentaire Revenir à Fukushima de la journaliste Marie Linton sera diffusé sur France 5, jeudi à 15h35

Inquiétudes sur la santé, l’économie et les infrastructures

Des 11 municipalités concernées à l’origine par l’évacuation, cinq ont vu ces ordres levés totalement ou en partie depuis avril 2014. Fin mars et début avril, quatre autres suivront, dont le village d’Iitate, considéré avant les événements tragiques de 2011 comme l’un des plus beaux du Japon.

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Mais dans les cinq localités où près de 20.000 résidents ont à présent l’autorisation de regagner leur habitation, 13,5 % d’entre eux seulement ont fait ce choix. A Naraha, où l’ordre d’évacuation a été levé intégralement en septembre 2015, seuls 781 des 7.276 résidents d’avant la catastrophe sont revenus. Les « revenants » sont principalement des personnes âgées, peu préoccupées par les radiations et désireuses de retrouver l’endroit où elles ont, pour beaucoup, vécu toute leur vie jusqu’à l’accident.

Pour beaucoup d'autres, les inquiétudes sur leur santé et celle de leurs enfants, le manque de commerces, de transports et d’opportunités professionnelles ont eu raison de leur volonté de revenir. Ceux-là ont déjà refait leur vie dans les grandes villes, dans le département de Fukushima ou en dehors.

« Les personnes en âge de travailler, entre 16 et 64 ans, ne sont pas rentrés », constatait en mars 2016 Katsunobu Sakurai, le maire de la ville de Minamisoma, située à 25 km de la centrale nucléaire. D’après un sondage réalisé par l’Agence de la reconstruction, 54,8 % des résidents de la ville avant la catastrophe se disent préoccupés par leur sécurité vis-à-vis de l’énergie nucléaire et 40,7 % s’inquiètent des radiations.