La ville de Strasbourg lance un plan d'actions pour devenir la capitale verte de l'Europe en 2019. (Ici, le parc du Heyritz)
La ville de Strasbourg lance un plan d'actions pour devenir la capitale verte de l'Europe en 2019. (Ici, le parc du Heyritz) — Gilles Varela

VEGETAL

Angers, Nantes et Strasbourg sur le podium des villes les plus vertes de France

L’Observatoire des villes vertes a passé au crible la politique « espace vert » des 50 plus grandes villes de France. Le palmarès, dévoilé par «20 Minutes», laisse entrevoir de bons élèves. Mais la moyenne reste basse dans l’hexagone…

Angers, Nantes et Strasbourg. Voilà le trio de tête du palmarès 2017 de l' Observatoire des villes vertes que révèle, ce mardi, 20 Minutes. L’enquête, la deuxième du genre après une première édition en 2014, a décortiqué la politique « espace vert » des 50 villes les plus peuplées de France.

Vingt-cinq indicateurs ont été pris en compte, du nombre de m² d’espaces verts accessibles au public à l’existence ou non d’un plan « biodiversité », en passant par les surfaces de toitures végétalisées, le plan de gestion des arbres ou encore l’incitation au compost.

Les dix premières villes du palmarès 2017 de l'Observatoire des villes vertes.
Les dix premières villes du palmarès 2017 de l'Observatoire des villes vertes. - @Observatoire des villes vertes

Plus sept places pour Strasbourg

Au deux premières places, rien ne bouge. On retrouve dans l’ordre, comme en 2014, Angers et Nantes. Catherine Muller, présidente del’Unep (Union nationale des entreprises du paysage) co-auteure du palmarès, n’est pas surprise : « Historiquement, les Pays de la Loire sont les jardins de la France. Nantes comme Angers sont restés dans cette tradition. » Les deux villes sont celles qui investissent le plus dans l’entretien et l’aménagement des espaces verts. Nantes consacre 135 euros par an et par habitant, soit trois fois plus que la moyenne nationale (46,50 euros). Angers, elle, ne compte plus les espaces verts publics. Ils représentent 14 % de la surface de la ville.

>> Lire aussi: Comment Strasbourg veut devenir la capitale verte de l'Europe en 2019

La plus belle progression alors est à mettre à l’actif de la ville de Strasbourg passée, en trois ans, de la dixième à la troisième place. La capitale alsacienne se voit récompenser pour l’entretien écologique des espaces verts mais aussi pour les 116 m² de verdure qu’elle a su conserver pour ses habitants. C’est 2,5 fois plus que la moyenne nationale.

Seulement 5 % du foncier des grandes villes

Les mauvais élèves ? L’Observatoire des villes vertes ne les donne pas, arrêtant son palmarès aux dix premières places. Impossible par exemple de savoir la place de Paris. « Nous ne voulions pas pointer du doigt des villes, se justifie Catherine Muler. L’idée est bien plus de montrer ce qui se fait de mieux en matière de végétal en villes. »

Mais les réussites ne doivent pas cacher un constat global : Les grandes villes françaises restent trop pauvres en espaces verts. Ils ne représentent que 5 % du foncier des 50 villes les plus peuplées quand la voirie et les autres infrastructures de transport en occupent jusqu’à 25 % selon le Centre d’études sur les Réseaux, les transports et l’urbanisme. Surtout, les budgets « espace vert » sont presque partout en baisse. De 48 euros par an et par habitant en 2014, la moyenne est tombée à 46,50 euros (création + entretien).

Loin derrière Singapour

« On est loin derrière les villes suisses, allemandes et scandinaves, observe Guillaume Morel-Chevillet, chargé de mission « végétal urbain » à l’Astredhor, l’Institut technique de l’horticulture. Il cite Zurich comme modèle du genre en Europe, mais s’attarde surtout sur Singapour, « ville très dense, mais qui parvient malgré tout à valoriser le végétal de maintes façons ». Au point de caracoler en tête de Treepedia, une carte interactive réalisée par le MIT (Institut de technologie du Massachussets) en collaboration avec le Forum économique mondial, et qui classe les villes en fonction du nombre de leurs arbres.

Des espaces verts aux nombreux bienfaits

Un bon calcul ? « On se rend compte de plus en plus des bienfaits du végétal en ville, indique en tout cas Guillaume Morel-Chevillet. Sur la santé, le lien social, la qualité de l’air, pour réduire l’effet des îlots de chaleur en ville ou pour capter les eaux de pluies et limiter les risques d’inondations… Et puis, quand on y pense, un arbre génère de l’argent : 11 % des vacanciers considèrent les parcs et jardins comme l’une des principales raisons de leur venue, pointait une précédente étude de l’Unep, réalisée par le cabinet Astéres en mai 2016.

>> Lire aussi: Paris songe à ouvrir une heure plus tôt ses parcs et jardins

Nantes, avec son festival « La Folie des plantes » qui attire 40.000 visiteurs début septembre, ou Nancy, qui transforme chaque automne la place Stanislas en jardin éphémère, l’ont bien compris, pointe l’Observatoire des villes vertes.

« Des pratiques toutefois innovantes »

Deux exemples qui font dire à Catherine Muller que tout n’est pas noir en France. « Les budgets ne sont pas toujours suffisants, mais ces 50 plus grandes villes de France savent mettre en place des pratiques innovantes. »

>> Lire aussi: Des Lyonnais veulent démocratiser le partage de jardin entre particuliers

L’étude cite aussi Brest, qui distribue des sachets de graines aux particuliers afin qu’ils fleurissent les pieds de mur plutôt que de traiter chimiquement ces espaces, ou encore Créteil qui compense son faible nombre d’espaces verts en bordant 80 % de sa voirie par des arbres. Un bon point aussi pour Lyon, où 725 micro-implantations florales ont été créées par les habitants depuis 2005, soit près de 7 km de rues jardinées.