Pourquoi covoiturage n’est peut-être pas si écolo au final

ETUDE L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pointe des limites à cette offre émergeante qui, au final, pousse les Français à se déplacer plus et à opter pour la voiture plutôt que le train…

Fabrice Pouliquen

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Un panneau indiquant un point de covoiturage
Un panneau indiquant un point de covoiturage — GILE MICHEL/SIPA

Pas si top que ça, finalement, le covoiturage ? Dans une étude qui paraît ce jeudi, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pointe des limites à cette pratique surtout lorsqu’elle porte sur des longues distances. Type Blablacar.

De nouveaux modes qui poussent au voyage

Mieux vaut toujours partager sa voiture avec d’autres voyageurs que de pratiquer l’autosolisme. L’Ademe ne remet pas en cause ce point. Mais cette nouvelle offre de transport a aussi pour conséquence de pousser les Français à plus se déplacer et à opter plus pour la voiture. L’Ademe a fait le calcul. « Même si le taux d’occupation moyen est élevé (3,5 passagers/véhicule en moyenne), il faut prendre en compte la pratique à laquelle ce covoiturage se substitue : 12 % des personnes n’auraient pas voyagé en l’absence d’une offre de covoiturage et 63 % des covoitureurs auraient pris le train. »

L’Ademe met aussi un bémol sur les locations d’appartement entre particuliers, type Airbnb. L’offre est généralement moins chère que les hôtels. « Cette diminution des prix de la location peut augmenter le temps de séjour ou encourager les destinations plus éloignées (trajets en avion), ce qui contrebalance les éventuels bénéfices liés à la location courte durée chez un particulier », pointe l’étude.

Tout bon pour le covoiturage domicile-travail

En revanche, l’Ademe garde un œil bienveillant sur le covoiturage domicile-travail où beaucoup de progrès restent à faire. Seulement 5 % des voitures sont partagées sur les trajets du quotidien. Pour l’heure, les précurseurs du covoiturage domicile-travail sont en moyenne 2,5 par véhicule, note l’Ademe.

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Au final, «la consommation collaborative contribue assez faiblement à la réduction de l'empreinte environnementale des Français par rapport aux grandes tendances macroscopiques à horizon 2030 (progrès techniques, évolutions sociétales et démographiques)» note l'Ademe, qui désigne plutôt la prévention des déchets, l'éco-conception des produits ou le recyclage comme «leviers de première importance».