VIDEO. Rhinoceros abattu au zoo de Thoiry: « S’il faut en arriver à recruter des vigiles armés, nous le ferons»

ANIMAUX L’enquête démarre tout juste au zoo de Thoiry, dans les Yvelines, pour retrouver les braconniers qui ont tué Vince, un rhinocéros de 4 ans, avant de lui scier un bout de corne…

Fabrice Pouliquen

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Bruno, à gauche, et Gracie, à droit, les deux derniers rhinocéros à vivre au zoo de Thoiry.
Bruno, à gauche, et Gracie, à droit, les deux derniers rhinocéros à vivre au zoo de Thoiry. — Christophe Ena/AP/SIPA

Toujours sonné, le Domaine de Thoiry (Yvelines) n’en reste pas moins ouvert, ce mercredi, au lendemain de la découverte du cadavre de Vince, l’un des trois rhinocéros blancs du parc zoologique. Il a été  abattu, dans la nuit de lundi à mardi, abattu, .

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« L’autopsie de l’animal a eu lieu ce mercredi matin », précise à 20 Minutes Thierry Duguet, le directeur général du groupe Thoiry. Elle doit notamment permettre d'extraire les trois balles de la tête du mammifère, tué dans la nuit de lundi à mardi, et tenter de déterminer le type d'arme utilisé. La brigade de recherche de la gendarmerie de Mantes (Yvelines), saisie de l’enquête, recherche aussi d’éventuelles images de vidéosurveillance exploitables, indique une porte-parole du parquet de Versailles.

« Pas un zoo de ville avec de petits enclos »

De cette enquête qui commence tout juste, Thierry Duguet espère autant retrouver les braconniers que de comprendre « comment exactement ont fait les braconniers pour atteindre la cellule de l’animal. Ils ont quand même passé trois niveaux de sécurité. » Un défaut de sécurité ? « Il faut déjà rappeler que le zoo de Thoiry est un grand domaine, de près de 300 hectacres, se défend le directeur général du groupe Thoiry. Dans la plaine africaine du parc, certains animaux vivent en liberté, y compris la nuit, ce qui n’est pas le cas des rhinocéros qui sont ramenés en enclos. Le parc de Thoiry n’est donc pas un zoo de ville avec de tout petits enclos. C’est plus difficile à sécuriser. Toutefois, en 50 années d’existence, nous n’avions jamais rencontré un problème de sécurité. C’est une situation totalement inédite. »

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Il reste aujourd’hui deux rhinocéros blancs au Domaine de Thoiry. Gracie, âgée de 37 ans, et Bruno, 5 ans. « Ils vont bien, ils sont dans leur enclos », précise Thierry Duguet. Leur sécurité pourrait être renforcée à l’avenir. « Nous devons évaluer la situation et attendre aussi que l’enquête progresse, poursuit Thierry Duguet.

Il rejette le décornage préventif des rhinocéros, l’une des solutions pour écarter les braconniers avancées par Jacky Bonnemains, président de l’association Robin des bois, ce mercredi dans Le Parisien. « Les gens viennent au zoo de Thoiry pour voir de beaux rhinocéros avec leurs cornes, les décorner serait la dernière des choses à faire », estime Thierry Duguet.

Des vigiles armés comme en Afrique du Sud ?

En revanche, recruter des vigiles armées, autre solution abordée par Jacky Bonnemains, n’est pas écarté par le directeur général du groupe Thoiry. « En Afrique du Sud, des vigiles armés de kalachnikov gardent les parcs. Arriver à cette extrémité-là dans un zoo en France serait triste, mais oui, on le fera si c’est nécessaire. Je préfère en tout cas qu’il y ait un garde qui dorme avec le rhinocéros que de décorner ces animaux. »

Le zoo de Thoiry évalue à 51.000 euros le prix d’un kilo de corne vendu au marché noir. « La grosse corne d’un mâle comme Vince peut monter jusqu’à 1,5 kg, évalue Thierry Duguet. Mais les malfaiteurs n’ont eu le temps de s’emparer que d’une partie. »