Des blogtrotters autour du globe

Morgiane Achache

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Une caméra, une connexion Internet, et une forte envie de faire le tour du monde. Voilà maintenant un an que Tristan Mendès-France et Alban Fischer ont donné naissance à leur Vlog, comprenez un vidéo-blog. Il a pour titre «Blogtrotters.fr». «Nous choisissons un sujet et une destination et nous allons quelques jours sur place, caméra en main, pour témoigner et publier des vidéos chaque jour sur notre blog», explique Tristan Mendès-France. «Notre but est de montrer en image pour mieux sensibiliser.»

Tuvalu, un archipel bientôt englouti

Après le Cambodge et l'Arménie pour revenir sur les génocides, le Tchad pour témoigner de la crise du Darfour, et New York pour comprendre l'après-attentat, les deux bloggeurs se sont envolés, le 6 décembre, pour le Pacifique direction l'archipel des îles Tuvalu. «A l'heure où les hauts dirigeants du monde entier se sont réunis à Bali pour une conférence sur le changement climatique, nous avons voulu montrer l'existence des Tuvaliens, un peuple menacé par la montée du niveau des océans». L'archipel devrait être englouti d'ici 25 ans, forçant à l'exil tous ses habitants et devenant le premier Etat à disparaître pour raison climatique.

La question des réfugiés climatiques

Pendant cinq jours, les deux internautes sont partis à la rencontre de la population et des associations. «C'était un véritable périple humain», souligne Tristan Mendès-France. «La question des réfugiés climatiques, c'est la question des siècles à venir.» A Tuvalu, les personnes âgées sont résignées, «elles ont vécu ici toute leur vie et ne veulent pas abandonner leur pays», explique, dans une vidéo postée sur le blog, Tefiti Malau, du ministère des Affaires étrangères. «C'est surtout les jeunes qui veulent partir car ils ont été témoins de la montée des eaux ces dernières années, le problème majeur de notre pays.»

«La culture tuvalienne va vivre une petit mort», affirme Tristan Mendès-France. Tuvalu n'est pas la seule île à disparaître dans les prochaines années. Des centaines d'îles du Pacifique sont dans le même cas. «J'ai l'impression qu'il y a une aphonie ahurissante par rapport aux problèmes de ces pays», souligne-t-il. «Nous avons rencontré des représentants de Greenpeace, du Giec. Ils sont frustrés et déçus. Ils n'ont pas l'impression que la conférence de Bali a servi à grand chose. Ils sont surpris qu'il y ait aussi peu d'écho», raconte-t-il tout juste de retour à Paris.

«Aller encore plus loin»

«A l'avenir, nous voulons aller encore plus loin», déclare Tristan Mendès-France. Les deux bloggeurs souhaiteraient avoir une balise satellite pour poster des vidéos en direct «même au milieu de la forêt amazonienne ou sur un bateau en pleine antarctique». Leur prochaine destination? «Peut-être aller à la rencontre des Inuits qui vont sûrement aussi devenir des réfugiés climatiques, ou partir en Argentine» pour travailler «l'après-dictature».