VIDEO. Tigres chassant un drone: Derrière la vidéo mignonne, la cruauté des hommes

CHINE Les félins d’une vidéo qui circule sur internet sont en réalité les pensionnaires d’une « ferme », où ils sont élevés avant d’être abattus pour fabriquer du « vin de tigre »…

M.C.
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Les tigres de la ferme de Harbin sont malades et obèses.
Les tigres de la ferme de Harbin sont malades et obèses. — Capture d'écran / YouTube

Les images, diffusées par la chaîne de télévision chinoise CCTV, ont été partagées par de nombreux médias, dont 20 Minutes. Dans la neige de la province chinoise du Heilongjiang, une horde de tigres de Sibérie bien en chair s’offre un peu d’exercice en coursant un drone qui vole à basse altitude.

L’engin télécommandé est rapidement jeté à terre par l’un des félins, qui entourent bientôt sa carcasse mécanique. Le drone manque d’être taillé en pièces, et ne doit son salut qu’à l’épaisse fumée blanche sortie de ses entrailles, qui fait reculer les tigres.

Une ferme à « vin de tigre »

Derrière ces belles images se cache cependant une réalité beaucoup moins poétique. Les géants tigrés, rapporte le site Motherboard, sont en effet les pensionnaires d’une sinistre « ferme » comme il en existerait 200 en Chine. Et comme d’autres, l’établissement de Harbin, où la vidéo a été tournée, est spécialisé dans le « vin de tigre », une boisson réputée pour soigner l’arthrite et les rhumatismes réalisée… avec les os des animaux.



Se présentant comme un refuge pour animaux, la ferme de Harbin, qui accueille aussi lynx, lions et d’autres espèces de « gros chats », est en réalité partie prenante de ce commerce de fourrure et de vin de tigre, pourtant interdit par la Chine, au même titre que les autres produits issus du tigre, depuis 1993.

La fondation Born Free a aussi récemment noté les conditions déplorables dans lesquelles se trouvaient les tigres en mauvaise santé et obèses, nourris par les visiteurs du parc qui peuvent acheter des poulets vivants à leur jeter. « A mon avis, ce n’est ni drôle ni mignon. Ces animaux sont malades », s’énerve le président de la fondation. Alors que 5.000 à 6.000 tigres vivraient en captivité dans ces fermes, la Chine ne compterait plus qu’une vingtaine de tigres de Sibérie à l’état sauvage.