Bali: «de grands progrès» dans les discussions selon l'ONU

Sa. C. avec AFP

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Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi à New York les dirigeants du monde à une action immédiate contre le "défi sans précédent" du réchauffement climatique, affirmant qu'il seront jugés à cette aune par les générations futures.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi à New York les dirigeants du monde à une action immédiate contre le "défi sans précédent" du réchauffement climatique, affirmant qu'il seront jugés à cette aune par les générations futures. — Anne Chaon AFP/archives

La conférence sur le climat de Bali a dépassé vendredi à 18h locales (11h françaises) son heure officielle de clôture sans être parvenue à un accord sur l'avenir de la lutte contre le réchauffement. Le plus haut responsable du climat à l'ONU Yvo de Boer a fait état de «grands progrès» dans les discussions vendredi soir, mais beaucoup reste à faire.

Pas d'heure de clôture

«Nous avons fait de grands progrès dans les discussions sur les efforts (visant à réduire les émissions de CO2) des pays industrialisés, nous continuons pour ceux des pays en développement et ensuite nous passons au préambule du texte final,» a-t-il déclaré. «Mais rien n'est acquis tant que tout n'est pas acquis», a-t-il noté en refusant de donner des indications sur l'heure à laquelle les discussions seraient closes.

En cause: le nouveau texte proposé, jugé «scandaleux» par les pays en développement et l'Union européenne notamment car vidé de sa substance.

Plus d’objectif chiffré

Ce texte, soumis par la présidence indonésienne de la conférence, gomme toute référence chiffrée et spécifique aux recommandations du Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat (Giec). A ainsi disparu la réduction préconisée de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d'ici 2020, qui n'était pourtant pas présentée comme un objectif mais comme une «ligne directrice» dans les précédentes versions.

Il est seulement noté que les émissions doivent «culminer d'ici 10 à 15 ans pour être ensuite réduites à des niveaux très bas, bien en dessous des niveaux de 2000». Un flou censé contenter la majorité perçu comme un texte à minima par l’Union Européenne.

Ambitions différentes

«L'UE, en particulier la France, le Portugal et l'Allemagne avec quelques autres du G77 (pays en développement) et des petits Etats insulaires jugent l'ambition insuffisante et qu'il y a un fossé entre les discours (en plénière) et ce qu'on a sous les yeux», s’est indigné le ministre allemand de l'environnement Sigmar Gabriel.

Le ministre français Jean-Louis Borloo a explicitement souhaité que la mention des «25/40» figure dans l'accord «pour envoyer un signal ambitieux».

A l'inverse, Paula Dobriansky, chef de la délégation américaine dont l'administration est hostile à toute référence chiffrée, «a vivement remercié la présidence indonésienne pour sa nouvelle proposition».

Ultimes tractations

Pour sortir de l'impasse, l'Indonésie a chargé les ministres australien et argentin, qui président un groupe informel composé d'une vingtaine de ministres, de rechercher un consensus. Et compte tenu des divergences entre l'UE et les Etats-Unis, «essayer de trouver quelque chose au milieu qui les rendent tous heureux».

La conférence doit théoriquement être conclue à 11h (française). Le délai fixé plus tôt par le patron de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (CNUCC), Yvo de Boer, avait pour but d’accélérer les discussions.

Résolument optimiste, Yvo de Boer mise désormais sur «un sentiment d'urgence croissant» pour convaincre les délégations de finaliser un accord pour lancer les négociations sur l’après-Kyoto, qui expire en 2012. «Il y a une telle pression de l'opinion publique, je ne crois pas que les ministres (de l'Environnement) vont quitter cette conférence sans lancer un processus et tout le monde travaille très dur: personne ne veut être le pays qui a tout fait rater», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Il reste peu de temps pour le prouver.

INITIATIVE

Les villes de New York et Londres se sont engagées vendredi, à Bali, à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 60 à 80% d'ici 2050, par rapport au niveau de 1990. Si les négociations internationales semblent au point mort, Michael Bloomberg, le maire de New York, estime qu'«au niveau local, où c'est vraiment important, des changements sont réalisés».