Océan Indien: Découverte d’un microcontinent enfoui sous l’île Maurice

DECOUVERTE Baptisé Mauritia, le microcontinent serait apparu à l’ère du Jurassique…

20 Minutes avec agence

— 

Illustration de l'île Maurice.
Illustration de l'île Maurice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Il existe bel et bien sous l’île Maurice un microcontinent. Si une étude datant de 2013 en affirmait déjà l’existence, cette découverte a été confirmée par l’analyse d’échantillons de zircon venant des profondeurs de l’île et rejetés lors d’éruptions volcaniques.

Les minéraux étudiés seraient en effet vieux de 2,5 à 3 milliards d’années. Or, sur l’île, les plus anciennes matières rocheuses datent de 9 millions d’années. C’est ce qu’ont mis en avant des chercheurs, dont l’étude a été publiée ce mardi dans la revue scientifique Nature Communications.

Des premières conclusions critiquées

Le zircon sur lequel les spécialistes ont basé leur travail était incrusté dans de la roche volcanique. Un détail qui « réfute toutes suggestions de zircons soufflés par le vent ou transportés par les vagues », explique l’un des co-auteurs de l’étude, Lewis Ashwal.

En 2013, les conclusions des premiers chercheurs ayant évoqué le continent sous-marin avaient en effet été critiquées par des détracteurs estimant que les minéraux analysés, trouvés dans du sable présent sur les plages, pouvaient venir d’ailleurs.

Le microcontinent serait apparu à l’ère du Jurassique

« Il y a beaucoup de matière ancienne sous l’île Maurice et elle ne peut provenir que d’un continent. Nos résultats démontrent donc l’existence d’une ancienne croûte continentale sous cette île », peut donc désormais affirmer le scientifique. Baptisé Mauritia, le microcontinent serait apparu à l’ère du Jurassique (de -200 à -145 millions d’années).

Il s’agirait en fait de plusieurs morceaux immergés dans différentes zones de l’océan Indien. « Quand l’Inde s’est séparée de l’Afrique, des fragments de croûte continentale de tailles différentes ont été laissés derrière et ont dérivé dans l’océan Indien en évolution », avance Lewis Ashwal.

>> A lire aussi : Grèce: Une cité engloutie découverte dans le Péloponnèse

Avec le temps, de la lave serait venue recouvrir ces masses, rendant ces dernières invisibles et indétectables pendant longtemps. La découverte de Mauritia donne au passage aux spécialistes l’espoir de pouvoir compter sur de nouvelles informations pour mieux comprendre l’histoire de la dérive des continents.