La guerre du loup gagne l'Italie

ANIMAUX Le nombre de loups est en forte augmentation de l’autre côté des Alpes poussant alors l’Italie à adopter un plan de 22 mesures, dont l’une autorise l’abattre jusqu’à 5% de ses loups. La mesure provoque un tollé…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un loup européen.
Illustration d'un loup européen. — Superstock/SIPA

L'Italie s'apprête à approuver jeudi un plan prévoyant d'autoriser l'abattage de 5% de ses loups, une mesure qui provoque un tollé dans un pays où la présence de ces animaux, pourtant plus marquée qu'en France, faisait peu débat.

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La conférence Etat-régions doit valider dans l'après-midi à Rome ce «Plan de protection et de gestion» qui devra ensuite être approuvé par le Parlement. Protégés depuis 1971, les loups italiens sont entre 100 et 150 dans les Alpes et entre 1.070 et 2.472 dans les Appenins -- contre 300 en France --, selon les estimations fournies dans le plan.

Le nombre de loups « en forte augmentation »

Mais il n'y a pas de recensement précis pour l'instant, aucune statistique globale n'est disponible sur les dégâts qu'ils causent et les médias italiens, qui s'intéressent plutôt aux ours, s'en font très peu l'écho.

Selon Stefano Masini, responsable de la section Environnement et Territoires à la Coldiretti, le principal syndicat d'agriculteurs en Italie, la situation a évolué depuis quelques années. Le nombre de loups est en forte augmentation «et les attaques contre le bétail se multiplient, désormais même de jour», explique-t-il à l'AFP.

Pour favoriser la cohabitation, le nouveau plan prévoit 22 mesures allant d'un recensement plus complet à la mise en place de clôtures électriques, d'une accélération des procédures de remboursement pour les agriculteurs lésés à la lutte contre les croisements entre chiens et loups.

Une mesure qui met le feu aux poudres

Mais l'une des mesures a mis le feu aux poudres: l'autorisation d'abattre jusqu'à 5% des loups de la péninsule, ce qui pourrait représenter entre 75 et 90 animaux par an. En France, le quota était de 36 jusqu'au 30 juin mais pourrait passer à 40.

Pour les défenseurs des animaux, c'est hors de question. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a lancé une vaste mobilisation sur les réseaux sociaux au cri de «SOS Loup», des pétitions circulent et plusieurs rassemblements sont prévus jeudi. Quelque 138 militants d'EcoRadicali (EcoRadicaux) ont même annoncé mardi entamer une grève de la faim jusqu'à jeudi contre le projet.

« Tirer sur les loups ne résout rien »

Pour le WWF, «tirer sur les loups (...) ne résout rien», surtout que les informations restent partielles sur les loups italiens et que les techniques de prévention comme les clôtures électriques ou les chiens de garde ont déjà prouvé leur efficacité.

«Chaque année en Italie, 300 loups sont tués par des braconniers», assure dans un communiqué Fabrizio Cianci, secrétaire des EcoRadicali, estimant que le plan n'est qu'une «libéralisation» proposée par des autorités peu motivées pour «mener les contrôles nécessaires au respect du droit».

Face au tollé, certains responsables de régions souvent peu concernées comme le Latium ou les Pouilles se sont dissociés du plan, tandis que le Piémont, où les attaques contre le bétail sont en forte hausse, a demandé un approfondissement.

« Un sujet trop sérieux pour se plier à la clameur médiatique »

Le ministre de l'Environnement, Gian Luca Galletti, s'est en revanche emporté: «La conservation du loup est un sujet trop sérieux pour se plier à la clameur médiatique ou au populisme de quelques-uns», a-t-il affirmé dans un communiqué.

«Si les 21 autres mesures sont appliquées correctement, avec les ressources financières nécessaires, il n'y aura pas besoin de procéder au moindre abattage», assure d'ailleurs M. Masoni, de la Coldiretti.

Plus problématique encore : le chien errant

Eleveurs et défenseurs de l'environnement se retrouvent aussi sur un point: le vrai danger ne vient pas des loups, mais des chiens errants, laissés libres ou abandonnés en dépit des différentes lois ayant tenté de s'attaquer au phénomène.

«Bien plus nombreux que les loups, les chiens errants entrent en compétition avec les loups pour les ressources, représentent un grave danger sur le plan sanitaire et pour les risques d'hybridation, et enveniment le conflit avec les éleveurs en raison des dégâts qu'ils provoquent dans les cheptels, attribués à tort aux loups», rappelle le plan.