Le loup pourrait s'habituer à l'homme et l'approcher de très près

ANIMAUX Le comportement du canidé est en train de changer...

20 Minutes avec AFP

— 

Deux loups: illustration
Deux loups: illustration — Ingo Gerlach/Caters News/SIPA

Le loup entend-il devenir le meilleur ami de l’homme ? Comme d’autres animaux prédateurs, le canidé peut « manifester une familiarisation envers les humains » et s’approcher parfois près des hommes, estiment l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam) au terme d’une enquête menée dans les Alpes-de-Haute-Provence.

>> A lire aussi : Dans les Hautes-Alpes, Jean-Michel Bertrand a filmé «le vrai loup, le sauvage»

Le Cerpam et l’Inra ont recueilli le témoignage d’éleveurs, chasseurs, randonneurs et acteurs du territoire en 2015-2016 sur l’éventuelle présence de loups et leur comportement, à Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence). Dans cette commune entourée de « montagnes boisées et dépeuplées, mais dont les parties hautes constituent des alpages dégagés où montent l’été essentiellement des troupeaux ovins », qui n’est pas classée comme une zone de présence permanente de loups (ZPP), un adolescent de 16 ans avait raconté en juin 2015 avoir été menacé par des loups.

Changement de comportement

Les faits s’étaient produits la nuit, lorsque ce fils d’éleveurs bovins ayant subi plusieurs attaques de canidés s’était rendu dans un pré jouxtant l’habitation familiale, alerté par les beuglements du troupeau. Les témoignages du jeune garçon et de son frère aîné, venu l’aider, « apparaissent à la fois sincères, crédibles et cohérents », estiment l’Inra et le Cerpam.

>> A lire aussi : Un nouveau loup tué… percuté par un 4x4

Aux « rencontres des humains avec des groupes de loups, et parfois de près » se sont ajoutés « des signes tangibles de reproduction sur zone » des canidés, évoluant probablement en meute, selon l’Inra et le Cerpam : la raréfaction depuis trois ou quatre ans de chamois, chevreuils et mouflons ainsi que l’augmentation de la prédation sur des veaux et des vaches, « en alpage comme sur des prés en vallée », résument les deux organismes.

Les chercheurs ont également recueilli la parole de chasseurs et d’éleveurs qui constatent un changement de comportements des animaux sauvages comme domestiques, « très inquiets voire paniqués ».

>> A lire aussi : Il tue un loup pour protéger ses brebis

« Il y a eu un processus assez long et interactif de modification des comportements de plusieurs catégories d’êtres interagissant de part et d’autre de la lisière, loups, ongulés, bétail, humains, jusqu’à une approche menaçante d’un humain vulnérable par des loups de nuit », analysent les deux organismes.

« Ces évolutions ont des conséquences pour le territoire : une baisse d’attractivité cynégétique et récréative, si ce n’est déjà un risque en matière de sécurité civile, une atteinte à la viabilité des élevages de bovins conduits à l’herbe », concluent le Cerpam et l’Inra.