Les premières décisions de Donald Trump menacent-elles le climat?

PLANETE Le président américain met plus l'accent sur l'énergie que sur l'environnement...

Philippe Berry

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Donald Trump signe son premier décret, le 20 janvier 2017.
Donald Trump signe son premier décret, le 20 janvier 2017. — Evan Vucci/ap/sipa

Feu vert à des oléoducs controversés, reprise des forages de gaz de schiste, nomination d’un climatosceptique pour diriger l’agence pour l’environnement, démantèlement du plan climat d’Obama, censure des comptes Twitter des parcs nationaux… En moins d’une semaine, Donald Trump a déjà fait frémir les chercheurs. Mais alors que la résistance s’organise, avec une marche des scientifiques prévue en mars, 20 Minutes fait le point sur l’impact des premières décisions du président américain sur la planète.

« Un impact négligeable »

La climatologue Judith Curry ne se range pas dans le camp des « sceptiques ». Selon elle, « le climat change et les hommes y contribuent, mais nous comprenons encore mal quelle est la part du récent réchauffement causée par la nature ou par l’homme ». L’ancienne directrice du programme des sciences atmosphériques au Georgia Institute of Technology, qui a récemment claqué la porte pour partir dans le privé, relativise cependant les annonces présidentielles.

« C’est une tempête dans un verre d’eau. Individuellement, les oléoducs Keystone et du Dakota du Nord auront un impact négligeable sur les émissions de CO2. La politique d’un seul pays, sur la durée d’un mandat d’un seul président, a un impact négligeable sur le climat. J’espère que l’administration Trump va trouver un juste milieu pour des politiques saines sur le climat et l’énergie », confie-t-elle à 20 Minutes.

Les Etats-Unis, clé de voûte de l’accord de Paris

Chez les climatologues, Curry fait bande à part. Plus de 800 chercheurs ont adressé une lettre ouverte alarmiste au président américain. Leur plus grande crainte : que les Etats-Unis se retirent de l’accord de Paris, ce qui pourrait provoquer un effet domino. Et alors que 195 délégations ont longuement négocié pour réduire leurs émissions de CO2 et limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100 (par rapport à l’époque pré-industrielle), le monde entier est suspendu au stylo de Donald Trump. Pour l’instant, le président américain a indiqué qu’il gardait « un esprit ouvert » sur la question. C'est déjà ça.