Réchauffement climatique: Les rennes de l’Arctique ont perdu 12 % de leur poids en seize ans

ANIMAUX Durant les hivers plus chauds, la pluie tombe plus souvent sur la neige, où elle gèle, empêchant les rennes d’accéder au lichen qu’ils ont l’habitude de brouter…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un renne en mars 2016, dans le Grand nord.
Illustration d'un renne en mars 2016, dans le Grand nord. — Shutterstock/SIPA

Hausse des températures dans l’Arctique oblige, les rennes de l’archipel norvégien du Svalbard rabougrissent. En seize ans, le poids des rennes adultes a même baissé de 12 %, passant de 55 kilos pour ceux nés en 1994, a à peine plus de 48 kilos pour ceux nés en 2010, indique la British Ecological Society (BES) dans une étude publiée et présentée à Liverpool (Royaume-Uni) ce lundi.

« Ces vingt dernières années [une période de réchauffement visible, été comme hiver, dans l’Arctique], les rennes du Svalbard sont devenus plus petits et plus légers », indique les scientifiques.

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Une perte de poids qui s’explique donc, en partie, par ces hivers plus chauds, synonyme de davantage de pluie. Cette dernière tombe sur la neige, où elle gèle, empêchant les rennes d’accéder au lichen qu’ils ont l’habitude de brouter. Résultat : « les rennes sont affamés, ils perdent leurs petits ou donnent naissance à des jeunes beaucoup plus légers », explique le BES.

Capturé, marqué et mesuré des rennes âgés de dix mois

Pour preuve, chaque hiver depuis 1994, les experts de l’Institut James Hutton (un centre de recherches écossais) et de l’Institut norvégien de recherche sur la nature et de l’université norvégienne des sciences de la vie ont capturé, marqué et mesuré des rennes âgés de dix mois. Ils ont ensuite mesuré et pesé ces différentes générations une fois qu’elles étaient parvenues à l’âge adulte. Bilan : ces 12 % de poids en moins.

« 12 % qui peuvent sembler peu, mais étant donné l’importance du poids corporel pour la reproduction et la survie, c’est potentiellement énorme », explique Steve Albon, de l’Institut James Hutton. Et d’ajouter : « Nos travaux précédents ont montré que, lorsque le poids moyen de la population adulte est inférieur à 50 kg en avril, la population diminue. » Or, les générations récentes sont juste en dessous de ce seuil.

Plus de rennes, moins de nourriture

Là, point de diminution de la population à signaler. Bien au contraire : vingt dernières années, le nombre de rennes a doublé. D’où une compétition accrue pour trouver de la nourriture en hiver qui pourrait également contribuer à expliquer leur plus petite taille.

Selon une étude parue en novembre, la survie des rennes en Sibérie est également menacée par le réchauffement climatique et les pluies glaçantes qui les privent de nourriture.

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