Pic de pollution: Peut-on éviter que cela se reproduise?

ENVIRONNEMENT Après une semaine de pollution en Ile-de-France et dans plusieurs régions françaises, peu de mesures préventives sont prises…

Audrey Chauvet

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La centrale EDF de Porcheville (Yvelines).
La centrale EDF de Porcheville (Yvelines). — AFP

Les Parisiens vont pouvoir respirer. Ou au moins respirer un peu moins mal. Ce lundi, Airparif ne prévoit pas de nouveau pic de pollution mais reste prudent pour la suite de la semaine : les conditions météorologiques devraient être décisives. « Les niveaux en particules vont rester à des niveaux moyens. On reste en anticyclone, mais il y a quand même un petit vent, et surtout la hauteur de la couche dans laquelle les polluants vont se mélanger est sensiblement plus haute qu’en début de semaine dernière », a indiqué à l’AFP Véronique Ghersi, prévisionniste à Airparif.

Développer les transports en commun

Pour éviter que de nouveaux pics de pollution se produisent, on peut donc parier sur la météo ou bien prendre des mesures préventives qui font pour le moment défaut, dénoncent les ONG. « Il existe des prévisions météorologiques qui permettent de connaître la date et la durée d’un tel phénomène. Pourtant, nous sommes toujours dans la réaction plutôt que dans l’anticipation », écrit France Nature Environnement (FNE). La circulation alternée arrive souvent trop tard après le début des pics de pollution pour avoir un autre effet que d’éviter « d’ajouter du mal au mal : la pollution augmente moins vite mais elle ne baisse pas », explique Benoît Hartmann, porte-parole de FNE.

Les associatifs rappellent qu’à long terme, seul un changement de modèle des transports pourra résoudre la question de la pollution. « Les vraies solutions passent par un changement de modèle en matière de mobilité », estime FNE, qui plaide pour le développement d’une offre de transports en communs fiables, efficaces et bon marché. L’ONG salue toutefois l’arrivée des pastilles Crit’Air, obligatoires dans la capitale à compter du 15 janvier 2017, qui « vont aider à limiter la circulation des véhicules les plus polluants » ainsi que l’engagement pris par Anne Hidalgo de bannir le diesel de Paris d’ici à 2025.

Raffineries et centrales électriques

Origines des émissions de particules fines PM10 en Ile-de-France en 2012.
Origines des émissions de particules fines PM10 en Ile-de-France en 2012. - Airparif

 

Néanmoins, les transports ne sont pas les seuls à être responsables de la pollution. Le 8 décembre, alors que l’agglomération lyonnaise traversait un pic de pollution, de nombreux habitants ont été choqués de voir de la fumée noire sortir de la raffinerie de Feyzin, située au sud de Lyon.

 

 

En région parisienne, l’association Respire alerte sur la situation de la centrale de Porcheville, dans les Yvelines. « Cette centrale au fioul émettait, en 2010, 80.000 kilos de particules fines PM10, selon les inventaires officiels », écrit l’association, citant les chiffres du registre français des émissions polluantes (Irep). « Actuellement, elle tourne à fond pour compenser la fermeture provisoire de plusieurs centrales nucléaires », alerte Sébastien Vray, porte-parole de Respire.

Pour lui, il serait simple de limiter la pollution liée aux activités industrielles, y compris celle des centrales électriques : « Une ampoule par foyer, un chauffage qu’on éteint quand on s’absente, une box qu’on ne laisse pas en veille toute la nuit, mis à bout à bout, permettraient de réduire de moitié le fonctionnement des centrales thermiques », estime Sébastien Vray. Porcheville ne devrait toutefois plus polluer très longtemps : la fermeture de la centrale est prévue pour 2018. Mais l’impact des industries sur la qualité de l’air ramène au problème des transports : si les raffineries de pétrole et les centrales thermiques tournent, c’est aussi pour faire avancer nos voitures, à essence ou électriques.