Canada: Le caribou classé espèce «en voie de disparition»

CANADA Certains troupeaux se sont effondrés de 95 à 98% en 30 ans à peine...

M.C. avec AFP

— 

Un caribou au zoo de Hanovre.
Un caribou au zoo de Hanovre. — Holger Hollemann/AP/SIPA

« Les caribous sont malheureusement très sensibles aux perturbations humaines, et nous dérangeons le caribou de plus en plus », note un rapport du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Cosepac). La population de ce cervidé a atteint des niveaux « historiquement bas » au Canada, en particulier dans l’est de l’Arctique où il a été classé lundi en « voie de disparition », tout comme l’emblématique papillon monarque, selon un comité d’experts scientifiques.

Le caribou « fait l’objet de déclins alarmants », de « nombreuses hardes nordiques ont maintenant atteint des niveaux historiquement bas, et il y a lieu de s’inquiéter qu’elles ne se remettront pas », craignent les experts de l’organe scientifique qui émet des recommandations au gouvernement fédéral.

Le Comité a étudié cette année deux populations de ce cervidé, le troupeau de la toundra, jugé « menacé », et celui des monts Torngat aux confins de l’Arctique québécois et du Labrador, classé « en voie de disparition », c’est-à-dire dont la « disparition est imminente ».

Certains troupeaux se sont effondrés de 95 à 98 % en 30 ans

Les causes du déclin de cet animal sauvage vont du recul de la forêt boréale sous l’action de la sylviculture et de la prospection minière, aux perturbations de son habitat sous l’effet du réchauffement climatique, bien plus prononcé dans l’Arctique que sur le reste de la planète.

En octobre, le Fonds mondial pour la nature (WWF) s’était lui aussi alarmé du déclin « particulièrement troublant » des hardes de caribous de l’Arctique canadien, notant notamment que certains troupeaux se sont effondrés de 95 à 98 % en 30 ans à peine.

Autre espèce migratoire, le papillon monarque a été classé « en voie de disparition » notamment car ses aires d’hivernage au Mexique, déjà « remarquablement minuscules », « continuent de s’effriter », selon le Cosepac.