Noël: Comment vider ses placards avant de les remplir

CONSOMMATION L’économie circulaire permet de revendre ou donner avant de racheter…

Audrey Chauvet

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Le père Noël surcharge nos placards.
Le père Noël surcharge nos placards. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Votre chambre d’amis est devenue un stock de jouets inutilisés, vos vieux téléphones portables s’entassent dans les tiroirs et l’approche de Noël vous inquiète un peu : encore de nouveaux objets qui finiront tôt ou tard dans les placards ou à la poubelle… Alors que trois Français sur quatre avouent stocker des objets qu’ils ne comptent plus utiliser, d’après un sondage réalisé en octobre 2015, l’économie circulaire pourrait permettre de vider ses placards intelligemment avant de les remplir à nouveau. Un bon moyen de gagner de l’espace ou de l’argent.

Smartphones : Revendre avant de racheter

Cent millions de portables dorment dans les tiroirs des Français : d’après un rapport parlementaire présenté en septembre, seulement 15 % des téléphones usagés sont collectés pour être recyclés. Avant de se ruer sur le dernier modèle de smartphone pour les fêtes, on peut éviter ce gaspillage de matières premières en donnant une seconde vie à son vieux portable. L’application Volpy, lancée en octobre, permet d’évaluer précisément la valeur du téléphone grâce à des tests techniques faits par l’appli et d’être payé immédiatement.

« En moyenne, un téléphone d’occasion vaut 120 euros », chiffre Marc Simeoni, co-créateur de l’appli. Les téléphones sont collectés soit grâce à une enveloppe envoyée à domicile, soit en point relais. « Nous les envoyons à des industriels français qui les remettent en état et les revendent sur le marché de l’occasion », précise Marc Simeoni. Et si votre vieux téléphone faisait le bonheur d’un nouvel utilisateur plutôt que de prendre la poussière ?

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Après les repas de fêtes : Jouer plutôt que jeter

Noël rime souvent avec poubelle. Les papiers cadeaux, les emballages, les restes des repas de fête finissent par peser lourd. Et si, au lieu de jeter, on transformait les déchets en jeux ? C’est l’idée qu’ont eue les créateurs du jeu Clip-it : de simples clips qui permettent aux enfants de révéler leurs talents artistiques avec les bouchons en plastique qui trainent à la maison.

Clip-it permet de réaliser des objets à partir de bouchons en plastique.
Clip-it permet de réaliser des objets à partir de bouchons en plastique. - Clip-it

« L’idée est d’acheter seulement 10 % d’un jeu dont 90 % est sur votre table », explique Cyril Rheims, cofondateur de Clip-it. La boite de jeux ne contient que les clips, faits à partir de bouchons recyclés, et une fois que les enfants seront lassés de monter des tours Eiffel en plastique, vous pourrez renvoyer tous les bouchons et les clips à l’association Bouchons d’amour, qui les revendra à un fabricant de palettes en plastique pour financer l’achat de fauteuils roulants. Ou bien à Clip-it pour fabriquer de nouveaux clips : « Quand nous achetons 100 kilos de bouchons, nous fabriquons 500.000 clips, soit 10.000 boites de jeu, ce qui équivaut à 10.000 nouveaux contributeurs potentiels à la cause de l’association », poursuit Cyril Rheims.

Jouets : Donner et acheter d’occasion

Vous la connaissez tous, la boîte de jeux offerte par Mamie qui a été utilisée une fois puis délaissée sans scrupules. Pourquoi la laisser traîner au fond d’un placard ? L’association Rejoué récupère, via des collectes dans les entreprises et les écoles ou directement par l’apport en magasin, tous les jouets, doudous, poupées, jeux de société et même pièces de Lego ou de Playmobil dépareillées. Tous les jouets apportés sont scrupuleusement triés, nettoyés et reconditionnés par des personnes en insertion professionnelle. On peut tout donner, même des jouets un peu vieillots voire historiques : « Une dame nous a confié sa poupée qui date de 1939 », sourit Claire Tournefier, fondatrice de l’association.

La boutique Rejoué, à Paris, le 30 novembre 2016.
La boutique Rejoué, à Paris, le 30 novembre 2016. - A.Chauvet/20Minutes

Cette pièce de collection n’est pas mise en vente mais elle trône au-dessus du magasin Rejoué, dans le 14e arrondissement de Paris, où sont revendus les jouets à des prix défiant toute concurrence : « Nous appliquons une décote par rapport au prix du neuf qui va de 50 % à 80 % en fonction de l’état du jouet », explique Claire Tournefier. Les jouets en magasin coûtent en moyenne 7 euros. Et même les étiquettes de prix sont récupérées : les vieilles cartes de Pictionnary ou de Trivial Pursuit ont ainsi une seconde vie. Avec déjà 4.000 clients adhérents, qui on versé 2 euros pour pouvoir acheter dans la boutique et soutenir la mission d’insertion de l’association, Claire Tournefier espère pouvoir « créer une véritable filière de réemploi en jetant le moins possible et en récupérant même les petites pièces de jouets ».