Vin: Inondations, sécheresse... La production mondiale trinque à cause du climat

AGRICULTURE Ce sont surtout les pays d’Amérique du Sud qui ont vu leur production viticole reculer…

Audrey Chauvet

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Le 9 septembre 2015 - Illustration de vendanges.
Le 9 septembre 2015 - Illustration de vendanges. — SIPA

Un degré, ça va, trois degrés, bonjour les dégâts. Le changement climatique est en train d’affecter sensiblement la production de vin mondiale, qui a chuté de 5 % en 2016, a annoncé ce jeudi l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). La production mondiale, estimée à 259 millions d’hectolitres, est « parmi les plus faibles depuis vingt ans » et la France est parmi les pays les plus touchés, avec une baisse de sa production viticole de 12 % par rapport à 2015.

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Les situations sont très contrastées selon les pays. L’Amérique du Sud est la zone la plus frappée par les conditions climatiques, avec une baisse des récoltes de 35 % en Argentine et de 21 % au Chili, deux grands pays viticoles. Inondations et sécheresses ont marqué l’année dans l’hémisphère Sud : « Le phénomène climatique El Niño semble être de retour en Amérique Latine où la production a été affectée par des conditions climatiques assez exceptionnelles, avec beaucoup de pluie », a souligné Jean-Marie Aurand, directeur général de l’OIV. L’Afrique du Sud, qui, elle, a été confrontée à une sévère sécheresse, a vu sa production chuter de 19 % par rapport à l’année dernière.

Baisse de 30 % en Champagne

L’Europe s’en sort un peu mieux : l’Espagne a produit cette année environ 37,8 millions d’hectolitres, soit +1 % par rapport à 2015, et l’Italie reste le premier producteur mondial de vin malgré une baisse de 2 % des récoltes. La France, numéro deux mondial, accuse une baisse de 12 % de la production de vin à cause des intempéries, notamment les fortes précipitations, le gel et la grêle du printemps. En Champagne, la baisse de production a même atteint les -30 %. « Avec le réchauffement climatique, on assiste à une recrudescence des phénomènes exceptionnels qui sont à la fois plus répétitifs, de plus longue durée et de plus grande ampleur », a expliqué Jean-Marie Aurand.

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Une étude du Earth Institute de l’université de Columbia expliquait, en mars dernier, que durant les 30 dernières années, le réchauffement climatique avait avancé la date des vendanges dans le monde entier. En France, on récolte désormais les grappes de raisin deux semaines plus tôt en moyenne qu’au début des années 1980. D’après les chercheurs, chaque degré de plus avance la date des vendanges de six à sept jours. Et les cépages propres à chaque terroir pourraient en pâtir : le Pinot noir pourrait par exemple disparaître de Bourgogne.