Plan de soutien à l’agriculture: Pourquoi les céréaliers ont besoin d’aide?

AGRICULTURE Le gouvernement a dévoilé ce mardi un plan d’aide à l’agriculture qui a pâti du climat du printemps…

Audrey Chauvet

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Moisson de blé tendre à Poursac, en Charente, le 8 juillet 2016.
Moisson de blé tendre à Poursac, en Charente, le 8 juillet 2016. — JEAN MICHEL NOSSANT / SIPA

C’est la plus mauvaise récolte depuis trente ans. L’année 2016 a été particulièrement difficile pour les céréaliers français, qui ont souffert des intempéries printanières. Le gouvernement a annoncé ce mardi matin un plan de soutien aux agriculteurs menacés par le dépôt de bilan.

Pourquoi les récoltes de l’année sont si mauvaises ?

Le climat de l’année a été particulièrement défavorable aux céréaliers. Les inondations qui ont noyé le centre de la France début juin ont durement impacté les récoltes de blé tendre. « Lors des périodes critiques de la floraison et du remplissage des grains, le manque de chaleur et de luminosité, ainsi que l’excès d’humidité ont fortement pénalisé le rendement », explique Agreste, l’organisme de statistiques du ministère de l’Agriculture. La production de blé tendre, utilisé pour fabriquer la farine, devrait ainsi plafonner à quelque 29 millions de tonnes, soit 21 % de moins que la moyenne annuelle. Idem pour le blé dur, utilisé pour les pâtes et la semoule, dont le rendement dans la région Centre a diminué de 67 %. Le manque d’ensoleillement au printemps a également freiné le développement des céréales : les épis sont pauvres en grains.

Quelles sont les régions les plus touchées ?

Ce sont principalement les régions du nord de la France qui ont souffert des conditions climatiques. Les rendements reculent de 40 % en Ile-de-France, de 38 % dans les Hauts-de-France et de 31 % dans le Centre-Val de Loire par rapport à la moyenne de 2011-2015, chiffre Agreste. Résultat, la France va perdre cette année son rang de premier exportateur européen de blé.

Que va faire le gouvernement ?

Les annonces faites par Manuel Valls ce mardi visent à aider financièrement les agriculteurs en leur donnant accès au crédit bancaire au même taux que s’ils étaient en bonne santé financière. L’Etat va ainsi abonder un fonds de garantie à hauteur de 50 à 100 millions d’euros. Ces fonds doivent à leur tour permettre aux banques privées de prêter 1,5 milliard d’euros avant le 31 décembre. Entre 50.000 et 80.000 agriculteurs pourraient bénéficier de cette mesure. L’« année blanche », qui consiste à reporter le remboursement des prêts, sera prolongée de deux mois jusqu’à fin décembre. Les céréaliers touchés par les inondations pourront aussi bénéficier d’un dégrèvement supplémentaire de la taxe foncière.