Mondial de l’automobile: Les constructeurs français sont-ils prêts pour l'après «Dieselgate»?

VOITURES Alors que le diesel prend l’eau, les constructeurs français affichent leur engagement dans les technologies vertes à l'occasion du Mondial de l'Automobile qui s'ouvre ce samedi à Paris....

A.Ch.

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La voiture électrique de Renault, Zoé
La voiture électrique de Renault, Zoé — JACQUES DEMARTHON / AFP

La France, le pays du diesel. Il y a seulement quatre ans, 72 % des voitures vendues en France étaient équipées d’une motorisation diesel. Soutenu par une fiscalité avantageuse, le diesel était le veau d’or des constructeurs français. Mais le vent a tourné : les normes anti-pollution et le scandale Volkswagen ont sonné le glas du diesel pour tous : depuis janvier 2016, les ventes de voitures diesel en France ont représenté 53 % du total contre 58 % en 2015. Les constructeurs français doivent donc désormais se tourner vers d’autres motorisations et rattraper leurs concurrents étrangers sur les marchés de l’hybride et de l’électrique.

L’électrique en tête

Même si les voitures hybrides ne représentaient que 3 % des immatriculations en France en 2015, le nombre de voitures vendues a bondi de 40 % en un an grâce aux aides à l’achat. Et c’est le japonais Toyota - fort de son avance - qui truste le marché.

PSA a des projets hybrides pour 2017, mais les Français semblent avoir préféré miser directement sur le tout électrique : la Renault ZOE est aujourd’hui le véhicule le plus vendu en Europe et « le marché de l’électrique devrait se développer d’ici 10 à 15 ans, en fonction de l’évolution des prix du pétrole », estime Bertrand Rakoto, analyste indépendant du marché automobile. Carlos Ghosn, PDG du Groupe Renault, a annoncé ce jeudi que Renault avait « passé ce mois-ci le cap des 100.000 véhicules électriques vendus » et qu’une nouvelle version de la ZOE pouvant parcourir 400km sur une seule charge était désormais sur le marché.

L’ère du tout diesel semble bel et bien terminée. « Les constructeurs français n’ont pas attendu le scandale Volkswagen pour se désengager du diesel, commente Bertrand Rakoto. Leurs investissements se sont réduits au fil des années même si on est encore loin d’un déséquipement total car il y a encore une demande pour ce type de motorisation ». Mais le diesel va devoir montrer patte blanche : les nouvelles normes Euro 6d d’émissions de polluants, qui doivent entrer en vigueur en septembre 2017, imposeront des tests en conditions réelles et pas seulement en laboratoire afin d’éviter les décalages entre tests d’homologation et usage de la voiture.

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Le diesel se fait discret

« C’est très bien, ce sont des règles du jeu qui seront établies et sur lesquelles tous les constructeurs vont s’engager », a affirmé Carlos Ghosn, reconnaissant néanmoins que le coût des voitures allait être alourdi par la mise aux normes des équipements anti-émissions. « Le surcoût pourrait atteindre 1.000 euros par voiture, donc cela pèsera lourdement sur les petites voitures, explique François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Mais les constructeurs français avaient anticipé ces nouvelles normes et ont développé des moteurs essence trois cylindres sur les petites citadines. Il n’y aura bientôt plus de diesel sur les entrées de gamme. »

Pour le premier Mondial de l’automobile depuis le scandale Volkswagen, tous les constructeurs ont donc choisi de mettre en avant leurs technologies innovantes : Opel, Renault, Mercedes et même Volkswagen insistent sur leur engagement dans l’électrique et rivalisent sur l’autonomie de leurs moteurs. Le diesel ne s’affiche plus mais « tant qu’il restera économiquement intéressant, notamment pour les flottes d’entreprise, les constructeurs ne l’abandonneront pas », estime Bertrand Rakoto.