Nucléaire: Le Royaume-Uni approuve le projet Hinkley Point d'EDF

ENERGIE Le développement controversé de réacteurs français sur le sol britannique a été validé par le gouvernement de Theresa May...

20 Minutes avec AFP

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Une photo diffusée par EDF à Londres le 28 juillet 2016, montre un montage par ordinateur des deux réacteurs nucléaires du projet Hinkley Point dans le sud-ouest de l'Angleterre.
Une photo diffusée par EDF à Londres le 28 juillet 2016, montre un montage par ordinateur des deux réacteurs nucléaires du projet Hinkley Point dans le sud-ouest de l'Angleterre. — HO / EDF ENGERY

Les controverses n’y ont rien fait. Le gouvernement britannique a donné ce jeudi son feu vert au développement de nouveaux réacteurs par le français EDF et son partenaire chinois CGN, un projet qui relance la construction nucléaire en Europe à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima. « Nous avons décidé de la construction de la première centrale nucléaire depuis une génération », a expliqué le ministre à l’Energie, Greg Clark, dans un communiqué.

« Une nouvelle série de mesures pour améliorer la sécurité »

« Après avoir revu en détail les propositions pour Hinkley Point C, nous allons introduire une nouvelle série de mesures pour améliorer la sécurité et allons nous assurer que Hinkley ne changera pas de mains sans l’accord du gouvernement », a-t-il tenu à préciser.

François Hollande a également salué la décision britannique, à l’occasion de la remise du prix de l’Audace créatrice à l’Elysée. S’opposant au « French bashing », le chef de l’Etat français s’est félicité de « l’accord d’Hinkley Point qui fait que la France va fournir (des installations) d’industrie nucléaire à la Grande-Bretagne ce qui est une belle coopération et une belle reconnaissance ».

« La première commande en Europe depuis Fukushima »

Le feu vert du gouvernement britannique « marque la relance du nucléaire en Europe », s’est félicité pour sa part le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy. Le secrétaire d’Etat français à l’Industrie Christophe Siruque a souligné qu’il s’agissait de « la première commande en Europe depuis Fukushima », l’accident nucléaire qui a frappé le Japon en 2011. Il a également jugé que l’accord britannique crédibilisait la filière nucléaire française en pleine refonte - au moment où EDF est confrontée à des problèmes de délais et de coûts pour la construction d’une centrale EPR à Flamanville (nord-ouest de la France).

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Au Royaume-Uni, il s’agira de la première construction d’une centrale nucléaire depuis plus de vingt ans. Hinkley Point C, dont le budget est évalué à 18 milliards de livres (plus de 21 milliards d’euros), doit fournir 7 % des besoins britanniques en électricité. Le projet soulève toutefois des controverses et le gouvernement de Theresa May, en place depuis mi-juillet, a pris son temps avant de donner son aval, malgré l’accord de principe de son prédécesseur David Cameron en octobre 2013 et la décision finale d’investissement prise par EDF le 28 juillet.

Livraison prévue en 2025

Le projet, prévu pour être opérationnel à partir de 2025, est gigantesque et vise à bâtir deux réacteurs EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre. Le maître d’œuvre EDF va en financer les deux-tiers et son partenaire chinois, l’entreprise étatique CGN, le tiers restant.

Les autorités britanniques garantissent un prix à EDF pour l’électricité produite sur place mais ce tarif est jugé trop élevé par les détracteurs du projet au Royaume-Uni - qui mettent en avant l’alternative de projets nucléaires plus petits ou des énergies renouvelables.