Réchauffement climatique: Un paquebot de croisière va traverser l'Arctique pour la première fois

TOURISME Cet exploit plutôt controversé surfant sur un désastre écologique pourrait lancer le tourisme de masse vers le pôle Nord...

20 Minutes avec agence

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Le paquebot Crystal Serenity a quitté Anchorage, en Alaska, à la mi août 2016. Destination : New York, via le passage Nord-Ouest en Arctique. Un exploit controversé rendu possible par le réchauffement climatique.
Le paquebot Crystal Serenity a quitté Anchorage, en Alaska, à la mi août 2016. Destination : New York, via le passage Nord-Ouest en Arctique. Un exploit controversé rendu possible par le réchauffement climatique. — Geoff Moore / Rex Featu/REX/SIPA

Le Crystal Serenity est parti ce 17 d’août d’Anchorage en Alaska pour rallier New York un mois plus tard. Ce luxueux paquebot de croisière passera par l’Arctique, une première rendue possible par le réchauffement climatique et la fonte des glaces.

Le « bâtiment » passera par le passage du Nord-Ouest, entre les îles arctiques du Grand nord canadien, une zone libérée des glaces et où la fonte s’intensifie avec le réchauffement climatique, rapporte le Washington Post.

 

Arctique : le passage du Nord-Ouest
Arctique : le passage du Nord-Ouest - K.Tian/S.Malfatto AFP

 

Une « exploration historique » et « légendaire »

Si le tourisme arctique existait déjà, cet exploit plutôt controversé surfant sur un désastre écologique semble lancer le tourisme de masse vers le pôle Nord. Et c’est donc aujourd’hui plus de 1.000 personnes qui ont déboursé jusqu’à 17.000 euros qui se dirigent à bord du Crystal Serenity vers, dixit le croisiériste, les « grands glaciers », des « fjords extraordinaires » au cours d’une « exploration historique » et « légendaire ».

« Prévoir un voyage à travers les eaux de l’Arctique reste difficile et dangereux »

Reste que les organisations de défense de l’environnement sont dans les starting-blocks, dénonçant avec force le projet. Il faut dire que dans une étude datant de 2014, lancée en prévision du développement des croisières dans la région et ressortie des placards par BFMTV, l’Institut canadien de défense et des affaires étrangères tirait déjà la sonnette d’alarme.

« Prévoir un voyage à travers les eaux de l’Arctique canadien reste à la fois difficile et dangereux. Les vents et les courants déplacent la glace constamment, bloquant des détroits qui étaient libres la semaine, voire le jour d’avant », assurait l’institut.

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Une porte ouverte à l’exploitation des fonds marins ?

De son côté, sur son site Internet, l’organisation de protection de la nature WWF s’inquiète d’ores et déjà du sort réservé aux ours polaires, aux morses ou aux licornes des mers qui souffrent déjà de la « perte de glace marine ».

Et alors que l’Arctique représente 30 % des réserves de gaz mondial et 15 % des réserves de pétrole, Europe 1 se demande, elle, si le voyage du Crystal Serenity ne serait pas une porte ouverte à l’exploitation des fonds marins.

 

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