Satisfaction prudente après le discours de Sarkozy

REACTIONS Associations et oppositions attendent néanmoins les réalisations concrètes...

avec AFP

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Au moins, Nicolas Sarkozy n’a pas déçu sur un sujet où il n’était pas vraiment attendu. Les réactions après son discours de clôture du grenelle de l’Environnement sont plutôt bienveillantes. Ce discours «correspond à ce qu'on a proposé globalement mais ce qui est important c'est qu'on puisse en assurer un suivi», a expliqué Jean Jouzel, membre du bureau exécutif du panel de scientifiques sur le climat, le GIEC, couronné vendredi par le Prix Nobel de la Paix, qui a présidé le groupe de travail sur le climat au sein du Grenelle de l'environnement. «Maintenant, c'est la mise en route et l'action qui compte».

«Un discours historique»

Pour Hubert Reeves, astrophysicien, défenseur de la cause environnementale et président de la ligue Roc pour la préservation de la faune sauvage, le chef de l'Etat «a pris des positions exemplaires». «Nous avons de quoi être contents.»

Plus dithyrambique,évidemment, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale: «Le président a prononcé un discours très important, un discours historique, qui appelle à une véritable prise de conscience des enjeux environnementaux et à des changements profonds de notre façon de vivre, de produire, de consommer.»

Avancées et flou

Le monde associatif a été dans l’ensemble plutôt satisfait de la prestation de Nicolas Sarkozy, à l’image d’Arnaud Gossement, porte-parole de la fédération France nature environnement (FNE - 3000 associations): «Pour la première fois, nous avons un président qui n'oppose pas dans son discours économie, croissance et écologie, alors même qu'il a été élu sur la croissance.»

Même Greenpeace a salué les «avancées», mais a aussi souligné le «flou» dans la mise en place de certaines mesures: «Par exemple, la taxe carbone, on ne sait pas vraiment si c'est une taxe sur l'énergie.»

«Opération de diversion et d'enfumage»

Prudence aussi du côté du PS. «En termes de communication, il ne faut pas bouder son plaisir, explique la députée PS Aurélie Filippetti dans un entretien à «La Croix». Néanmoins, ce qui compte, ce sont les avancées concrètes. Pas seulement les annonces de Nicolas Sarkozy mais surtout le suivi, les réalisations.»

Seule voix vraiment discordante, Noël Mamère (Verts), a dénoncé une «opération de diversion et d'enfumage».