Les premières percées du Grenelle de l'environnement

Sa. C. avec AFP

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Le Grenelle de l'environnement a entamé mercredi son marathon final de deux jours pour opérer une "révolution écologique" dans l'économie française, avec un accord sur de premières mesures phares comme l'éco-pastille pour les voitures et un programme ambitieux dans le bâtiment.
Le Grenelle de l'environnement a entamé mercredi son marathon final de deux jours pour opérer une "révolution écologique" dans l'économie française, avec un accord sur de premières mesures phares comme l'éco-pastille pour les voitures et un programme ambitieux dans le bâtiment. — Patrick Kovarik AFP

La «révolution écologique» est-elle en marche? Alors que le Grenelle de l'environnement a entamé mercredi son marathon final, 20minutes.fr fait le point sur les principales mesures validées mercredi, dans les locaux du ministère de l’Ecologie.

«Réduire de 20% la consommation d'énergie»


La première table ronde a réuni autour de Jean-Louis Borloo cinq ministres (Christine Boutin pour le logement, Valérie Pécresse pour la Recherche et l'enseignement, les secrétaires d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet et aux Transports Dominique Bussereau, ainsi que le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch) et 40 représentants d’associations et de partenaires économiques et sociaux.

«Tout le monde convient qu'on peut réduire de 20% la consommation d'énergie en France d'ici à 2020, et même de 38% dans le bâtiment», s'est félicité le ministre de l’Ecologie.

Avancées dans le transport et le bâtiment


Les premières avancées portent sur le transport et le bâtiment. Pour les transports, les camions seront soumis à une «éco-redevance» payable sur le réseau non concédé (hors autoroutes), selon Jean-Louis Borloo qui a aussi promis «la fin des camions sur les grands axes» avec le développement du fret ferroviaire et fluvial.

Outre les mesures encourageant le transport en commun (1.500 km de tramway supplémentaires hors Ile-de-France, extension des lignes TGV), l'achat de voiture propre bénéficiera d'une «ristourne». Son montant n'est pas arrêté, mais elle sera financée par le malus annuel infligé aux véhicules les plus énergivores. L’abaissement des limitations de vitesse n'a en revanche pas été retenu.

Dans le bâtiment, les nouveaux critères thermiques contraindront d'ici à 2012 à une consommation maximale de 50 kwh par m2 et par an, contre plus de 260 actuellement, et les bâtiments publics devront engager dès 2008 un audit énergétique de leur parc immobilier. Des mesures qui auront un coût pour es particuliers, selon le groupe immobilier Nexity. «Ces mesures représentent un coût de construction de 150 à 200 euros par mètre carré. Pour le client, le prix de vente augmentera d'un peu moins de 10%», a estimé mercredi le directeur général délégué au logement de Nexity, Jean-Luc Poidevin.

Le délai de 2012 fixé par le Grenelle pour arriver à une consommation d'énergie dans les bâtiments neufs de 50 kwh par an, contre 260 actuellement, «est court, car cela représente le cycle de réalisation d'un immeuble», a-t-il souligné. Et d’ajouter: «Ce sera difficile de tout concilier. Il faut arriver à loger tout le monde et en même temps respecter l'environnement».

Satisfaction globale des participants

Seul désaccord notable dans cette table ronde, la décision sur l'instauration d'une contribution climat-energie (ex-taxe carbone) qui est renvoyée à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy, jeudi.

Pour le Premier ministre François Fillon venu ouvrir les travaux, l'idée du Grenelle est de «réconcilier l'écologie et le développement économique». Jean-Louis Borloo a salué à la sortie des «mesures fortes» et Nathalie Kosciusko-Morizet «un véritable programme de rupture».

Yannick Jadot, de Greenpeace, et Daniel Richard, du WWF, deux organisations membres de l'Alliance pour la planète, ont jugé «ambitieux» les objectifs du bâtiment et «plutôt satisfaisants» ceux des transports. Pour Nicolas Hulot, qui siège dans le collège des associations, «quelque chose d'unique s'est passé dans ce pays». La suite demain.