Australie: Ce mammifère est le premier à disparaître à cause du réchauffement global

ANIMAUX Il avait été découvert en 1845 par les Européens. Mais plus aucun spécimen de cet animal n’a été vu depuis 2009...

Clémence Apetogbor

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La Grande barrière de corail, en Australie.
La Grande barrière de corail, en Australie. — AUDET VINCENT/SIPA

Il pourrait être le premier mammifère à disparaître sous l’effet du réchauffement climatique. Lui, c’est le melomys rubicola, qui vit sur la petite île sablonneuse de Bramble Cay, dans le Détroit de Torrès qui sépare l’Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG).

Or, les scientifiques n’ont trouvé aucun spécimen de ce petit rongeur australien.

La montée des eaux en cause

La submersion de l’îlot, qui ne culmine qu’à quelques mètres, et la perte d’habitat pour les rongeurs, sont « très probablement » la raison expliquant cette disparition, affirment les auteurs de cette étude réalisée par le département de l’Environnement du Queensland et par l’Université du Queensland.

Les données existantes sur l’élévation du niveau des eaux et les phénomènes climatiques dans le Détroit de Torrès laissent penser que « les changements climatiques provoqués par l’homme (sont) la cause profonde de la disparition du melomys de Bramble Cay », explique l’étude.

Le melomys rubicola était considéré comme le seul mammifère endémique de la Grande barrière de corail. Il avait été découvert en 1845 par les Européens. Mais plus aucun spécimen de ce rongeur n’a été vu depuis 2009.

La population éteinte

En 2014, des scientifiques ont décidé de lancer d’importantes recherches dans l’espoir de conserver l’espèce. Des pièges et des caméras ont été utilisés, mais aucun rongeur n’a été vu, « ce qui confirme que la seule population connue de ce rongeur est désormais éteinte », selon l’étude.

En 2015, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait attribué notamment au réchauffement climatique la disparition du Geocapromys thoracatus, ou « Rat de Little Sawn Island », un rongeurd’un atoll corallien du Honduras.

Mais il était apparu qu’un chat introduit sur l’île était le principal responsable de cette disparition.

« En conséquence, la conclusion est que l’extinction du Melomys de Bramble Cay est due à l’élévation du niveau de la mer et à la plus grande incidence des événements météorologiques extrêmes ces dernières années (…) elle constitue probablement la première extinction documentée de mammifère qui ne soit due que (ou essentiellement) au changement climatique anthropique », selon cette étude.