VIDEO. Le bateau robotique «Solar Voyager» tente la traversée de l'Atlantique

ENERGIE SOLAIRE Partie des Etats-Unis, l'embarcation autonome, qui fonctionne uniquement à l'énergie solaire, doit arriver au Portugal dans quatre mois...

M.C.

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Le «Solar Voyager» tente la traversée de l'Atlantique sans pilote.
Le «Solar Voyager» tente la traversée de l'Atlantique sans pilote. — Solar Voyager

Alors que l’avion Solar Impulse se prépare à traverser l’Atlantique, un autre engin propulsé par l’énergie solaire s’est élancé discrètement sur la mer la semaine dernière. Solar Voyager, un navire robotisé sans pilote, a quitté le 1er juin la côte Est des Etats-Unis en direction du Portugal. S’il y parvient, le bateau deviendra la première embarcation autonome à traverser un océan.

Derrière Solar Voyager, pas de grosse équipe ni de grands moyens : le bateau a été construit par deux Américains pendant leur temps libre, une aventure commencée il y a quatre ans. « On se dit : “Regardez ce qu’on peut faire avec un petit groupe de passionnés”, confie Isaac Penny, l’un des deux aventuriers, au site Tech Crunch. « Ce n’est pas comme si nous étions des génies ou quoi que ce soit. On n’est même pas des “gens de la mer”, je suis né dans le Kansas ».

« Le solaire n’est pas une énergie alternative, mais la meilleure solution »

Pour sa traversée d’une durée estimée à quatre mois, l’embarcation de 5,5 m de long pour 76 cm de large peut compter sur ses panneaux solaires pour la propulser à une vitesse maximale de 5 km/h, et sur une batterie qui lui permettra de continuer à naviguer la nuit. « On pense toujours au solaire comme une forme alternative d’énergie, mais dans ce cas, ce ne serait pas possible avec du carburant : il ne pourrait pas avancer indéfiniment, note Isaac Penny. Que ce soit pour les drones à longue endurance, la collecte de données pour la sécurité maritime ou la préservation de la vie sauvage, le solaire n’est pas une énergie alternative, mais la meilleure solution. »

Le plus gros écueil qui attend le Solar Voyager sur sa route, dont les étapes sont préprogrammées et qu’il suit grâce à un GPS, c'est celui de la résistance aux éléments. Le poids de l’embarcation construite entièrement en aluminium – 250 kg – lui assure une certaine stabilité dans l’eau, mais ne le met pas à l’abri des aléas d’une longue traversée autonome, comme une attaque de requin ou un choc contre un navire.

En programmant la traversée en dehors des routes maritimes fréquentées, en installant une hélice résistant aux salissures et en revêtant la coque d’un enduit anti-bernacles, le duo espère améliorer les chances de survie de l’engin. Mais en cas de problème, ils n’auront pas les moyens d’aller le chercher en mer. Avant son arrivée à Lisbonne, le Solar Voyager est programmé pour tourner en rond en attendant que ses géniteurs viennent le récupérer. « Nous sommes d’ailleurs à la recherche d’une personne là-bas qui posséderait un bateau », glisse Isaac Penny.