VIDEO. Grossesse nerveuse ou bébé panda: Que nous prépare Huan Huan?

PANDAS La femelle panda du zoo de Beauval présente des symptômes de grossesse mais il est encore trop tôt pour savoir si un bébé va arriver…

Audrey Chauvet

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Les pandas de Beauval sont arrivés en janvier 2012 dans le parc du Loir-et-Cher.
Les pandas de Beauval sont arrivés en janvier 2012 dans le parc du Loir-et-Cher. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

A Beauval, tout le monde retient son souffle. Huan Huan, la femelle panda arrivée dans le parc animalier du Loir-et-Cher en janvier 2012, pourrait être enceinte. Mais attention, cette grossesse est encore à mettre au conditionnel : si Huan Huan présente plusieurs symptômes de gestation, elle pourrait seulement être en train de faire une « grossesse nerveuse », explique le docteur Baptiste Mulot, chef vétérinaire de Beauval.

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Suspense embryonnaire

« Détecter une grossesse de panda est très difficile à cause du phénomène de diapause embryonnaire », explique le vétérinaire. Peu commune chez les animaux, la diapause est une « mise sur pause » du développement embryonnaire qui peut durer pendant un nombre variable de semaines. « Pendant toute cette période, on ne peut pas savoir si l’accouplement ou l’insémination a marché car on ne peut pas détecter l’ovocyte fécondé », poursuit Baptiste Mulot.

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Huan Huan semble néanmoins avoir passé cette période : depuis une dizaine de jours, son appétit est en berne. Elle ne mange quasiment plus la nuit et très peu le jour, une dizaine de kilos de bambous contre 40 en temps normal. « Elle prépare son corps à jeûner car quand le bébé naît elle le garde dans la bouche pendant plusieurs semaines pour qu’il soit au chaud, et donc elle ne mange pas », explique le vétérinaire. Huan Huan est également un peu moins active que d’ordinaire et ses analyses d’urine ont permis de détecter une augmentation des dosages de progestérone. « Maintenant, soit elle fait une grossesse nerveuse, soit elle est entrée en période de réelle gestation », estime le vétérinaire.

Entraînement pour Huan Huan et pour les soigneurs

Les grossesses nerveuses, très fréquentes chez les pandas, ne sont pas rares dans le règne animal : une chienne peut avoir tous les symptômes de la grossesse sans être enceinte. « Chez les pandas, on ne sait pas exactement à quoi c’est dû, reconnaît Baptiste Mulot. Il pourrait s’agir d’un mécanisme d’entraînement du corps : comme la femelle panda n’est fécondable qu’une fois par an, la nature pourrait avoir créé ce mécanisme pour que l’organisme gagne en expérience, que la femelle s’entraîne à faire un nid, à se nourrir avant la gestation, à se mettre en position pour la mise-bas… »

Toute l’équipe du parc de Beauval attend fébrilement de savoir si Huan Huan simule ou si elle va accoucher du ou des premier(s) panda(s) né(s) en France. Depuis l’insémination artificielle début mars, car « le mâle est trop jeune et inexpérimenté » pour planter la petite graine tout seul, les soigneurs ont les yeux rivés sur la jeune femelle de sept ans. Ils observent ce qu’elle mange, ce qu’elle fait, prélèvent ses urines chaque jour pour les envoyer dans deux laboratoires d’analyses vétérinaires, l’un à Troyes, l’autre à Berlin. Il est strictement impossible de détecter à l’œil nu une éventuelle grossesse : le bébé panda ne pèse que 100 à 150 grammes en fin de gestation, quand sa maman pèse plus de 100 kilos. « Uniquement sur la fin de la grossesse, on peut déceler une augmentation de la taille des mamelles et des modifications au niveau de la vulve qui se prépare à la mise-bas, mais ce ne sont pas des signes très visibles », précise Baptiste Mulot.

Des soigneuses chinoises ont déjà déposé leur demande de visa pour venir en aide à leurs confrères français si une grossesse était avérée : « Nous travaillons avec la base de Chengdu, en Chine, qui reprendra les bébés – s’il y en a – à l’âge de 3 ou 4 ans », après leur sevrage, explique le vétérinaire français. Pour peut-être un jour réintroduire dans la forêt chinoise des petits pandas nés dans le Loir-et-Cher.

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