Ségolène Royal lance la quatrième conférence environnementale

ENVIRONNEMENT La CGT ou les députés Michèle Rivasi (EELV) et Bertrand Pancher (UDI) ont décidé de boycotter les discussions…

20 Minutes avec AFP

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Ségolène Royal, ministre de l'environnement. Paris, FRANCE - 18/02/2016./CHAMUSSY_lcham023/Credit:CHAMUSSY/SIPA/1602181713
Ségolène Royal, ministre de l'environnement. Paris, FRANCE - 18/02/2016./CHAMUSSY_lcham023/Credit:CHAMUSSY/SIPA/1602181713 — SIPA

Le coup d’envoi de la 4e conférence environnementale a été donné ce lundi par la ministre de l’environnement Ségolène Royal, alors que l’exécutif est pressé par les ONG d’adopter rapidement des mesures concrètes, notamment sur la transition énergétique, en particulier le nucléaire.

Cette conférence environnementale qui doit fixer la feuille de route « verte » du gouvernement pour la fin du quinquennat, en annonçant le relèvement de certains objectifs d’ici 2023 pour les énergies renouvelables.

Près d’un millier de participants - ONG, élus, ministres, syndicats et patronat - se retrouvent durant une journée et demie à l’Elysée puis au ministère de l’Environnement pour des discussions déjà jugées inutiles par certains, comme la CGT ou les députés Michèle Rivasi (EELV) et Bertrand Pancher (UDI), qui ont décidé de les boycotter.

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« Quelques mois pour redresser la barre »

A un an de la présidentielle, « le compte n’y est pas », résume Lorelei Limousin, du Réseau Action Climat, mais « il reste quelques mois pour redresser la barre ». « On est loin de l’excellence environnementale », objectif affiché par le président de la République à la 1ère conférence environnementale en 2012, renchérit Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement (FNE).

A la tribune de l’ONU vendredi lors de la cérémonie de signature de l’accord de Paris sur le climat, François Hollande a appelé le monde à traduire ce texte en « actes », lançant : « il faut aller vite, encore plus vite » pour faire face à l'« urgence ». Les ONG, qui réclament « du concret », ne manqueront pas de le prendre au mot.

Chèque en bois

Outre l’accord de Paris, deux textes phare, la loi de transition énergétique (votée l’été dernier mais dont on attend toujours la plupart des décrets d’application) et la loi sur la biodiversité (toujours pas votée) « doivent devenir effectifs », ont souligné les Verts.

« On craint que la signature de l’accord de la COP21 ne soit qu’un chèque en bois », explique Denis Voisin, de la Fondation Nicolas Hulot. Car « l’outil de mise en oeuvre de la loi sur la transition énergétique, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), est sans cesse reporté ».

La ministre de l’Environnement Ségolène Royal l’a récemment promis pour le 1er juillet au plus tard.

L’épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes

Le délicat dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-atlantique) devrait aussi être évoqué. Le projet est jugé inutile, coûteux et néfaste pour l’environnement par les ONG et les Verts, et selon les termes de Denez L’Hostis, marque « un rendez-vous manqué entre cette mandature et l’environnement ».

Pour les ONG, son abandon aurait « dû être la première décision prise par le gouvernement à la sortie de la COP21 » en décembre. François Hollande « doit saisir l’opportunité » de la conférence environnementale pour reconnaître que le projet est « surdimensionné », comme le jugeait récemment un rapport d’experts remis à Ségolène Royal, « et donc caduc », estiment-elles.

Pour l’heure, le gouvernement a annoncé un référendum local en juin, dont les opposants contestent le périmètre, limité à la Loire-Atlantique, et dont les modalités doivent être précisées par décret dans les prochains jours.

Après une ouverture par Ségolène Royal et l’allocution de François Hollande, les participants à la conférence plancheront sur des sujets tels que le prix du carbone, la gestion des aires marines protégées, l’amélioration de la qualité de l’eau, l’exposition des populations aux « substances chimiques préoccupantes » (pesticides, perturbateurs endocriniens, nanomatériaux). Le Premier ministre Manuel Valls doit clore la conférence mardi en début d’après-midi.