Conférence environnementale: Les ONG ont en assez de se faire balader

ENVIRONNEMENT La dernière conférence environnementale du mandat de François Hollande ouvre ce lundi sous tension…

Audrey Chauvet

— 

La façade du Conseil économique social et environnemental à Paris.
La façade du Conseil économique social et environnemental à Paris. — A. GELEBART/20 MINUTES

Le succès de la COP21 est à double tranchant : si la France peut s’enorgueillir d’être parvenue à faire signer le premier traité mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à plus de 190 pays, elle doit aussi balayer devant sa porte. Pour les principales ONG françaises, « le compte n’y est pas » : alors que François Hollande avait déclaré en 2012 vouloir faire de la France le pays de « l’excellence environnementale », les points de discorde restent nombreux. Lundi et mardi, la quatrième et dernière conférence environnementale du quinquennat pourrait être houleuse, les ONG refusant de « se faire balader » sur les sujets de Notre-Dame-des-Landes, du nucléaire ou de la biodiversité.

NDDL, le nucléaire, la biodiversité…

« Notre objectif est que ce ne soit pas une conférence environnementale pour rien », déclare Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Il reste d’ailleurs beaucoup de travail au gouvernement pour les derniers mois du mandat de François Hollande, rappellent les ONG : la publication de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie, clé de voûte de la loi sur la transition énergétique, ne cesse d’être reportée, l’organisation du référendum sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne convainc pas les ONG, l’engagement pris par la ministre de l’Ecologie de ne plus accorder de permis d’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée n’a pas été traduit dans la loi, et le contenu de la loi biodiversité est insuffisant aux yeux des défenseurs de la nature.

>> A lire aussi : Abeilles, taxe «Nutella», cotons-tiges… Ce que la loi biodiversité va changer

« Notre-Dame-des-Landes est symptomatique des errements de la politique environnementale française », estime Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement (FNE). Pour les ONG, le dialogue environnemental a été fait « à l’envers » et le référendum du 26 juin prochain ne marquera pas la fin de la lutte contre le projet d’aéroport, annoncent les ONG.

Autre point d’achoppement avec le gouvernement, la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français et la fermeture de réacteurs, notamment ceux de la centrale de Fessenheim. « Aujourd’hui, les objectifs de développement des énergies renouvelables sont insuffisants pour permettre de baisser la part du nucléaire », note Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).

Pas de boycott mais un cahier de doléances bien rempli

Fiscalité écologique en retard par rapport à la moyenne européenne, biodiversité en piteux état malgré la loi adoptée par l’Assemblée nationale le 17 mars, manque de financements… Les ONG vont arriver à cette conférence environnementale avec un cahier de doléances bien rempli.

Mais, contrairement à la CGT qui a décidé mercredi de boycotter ce rassemblement, les associations de défense de la nature ne baissent pas les bras : « Nous avons envisagé le boycott mais c’est la dernière conférence environnementale et il faut aller jusqu’au bout », lance Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).