COP21: A quoi sert la signature ce vendredi à l’ONU de l’Accord de Paris?

CLIMAT Ce vendredi, 160 pays se réunissent aux Nations unies, à New York, pour signer l’accord sur le changement climatique…

Audrey Chauvet

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Conclusion de l'accord de Paris, le 12 décembre 2015, lors de la COP21.
Conclusion de l'accord de Paris, le 12 décembre 2015, lors de la COP21. — SIPANY/SIPA

Près de 4 mois après la clôture en fanfare de la COP21, 160 pays se retrouvent ce vendredi au siège de l’ONU à New York pour signer l’Accord de Paris, qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à +2°C. Sous la houlette de Ségolène Royal, qui a repris la présidence de la COP21 après le départ du gouvernement de Laurent Fabius, les chefs d’Etat vont à nouveau signifier leur engagement pour la planète en apposant officiellement leur signature au bas de l’accord.

Un signal politique fort

Cette cérémonie peut paraître symbolique mais pour Thomas Spencer, directeur du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), la présence de tous ces chefs d’Etat et de gouvernement représente un engagement politique fort : « C’est la preuve de l’importance donnée à l’Accord de Paris : on pouvait craindre que la pression politique retombe après la COP21, mais la participation de tous ces pays à la cérémonie de signature est le signe qu’ils sont prêts à le mettre en œuvre », estime-t-il.

François Hollande, le vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli, le Premier ministre canadien Justin Trudeau ou encore le secrétaire d’Etat américain John Kerry sont ainsi attendus pour envoyer un message fort : « La question de l’urgence climatique continue à imprégner les décideurs, c’est un très bon signe », estime Ségolène Royal, qui fera ses premiers pas comme présidente de la COP avant de laisser progressivement les manettes au Maroc, organisateur de la COP22 à la fin de l’année à Marrakech. « Après la signature de l’accord, chaque pays va devoir donner une idée du calendrier de ratification dans son pays », ajoute Thomas Spencer.

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Mettre ses actes en cohérence

Cette signature a également une valeur juridique, puisqu’elle « oblige les pays à se comporter en cohérence » avec les engagements qu’il contient, note Thomas Spencer : « C’est la première étape nécessaire pour lancer le processus de ratification au niveau national ». Pour que l’Accord de Paris entre en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 pays représentant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En France, Ségolène Royal aimerait que la loi autorisant la ratification soit promulguée cet été. Le Conseil d’Etat devrait examiner le projet de loi dans les jours qui suivront la signature de l’accord.

Les pays qui ne sont pas présents à New York ont encore un an pour signer. Mais surtout pour mettre leurs politiques énergétiques en accord avec le contenu du texte, rappellent les ONG : « Les Etats doivent maintenant mettre en place leur transition énergétique, qui passe par une réorientation des investissements », résume Célia Gautier du Réseau action climat (ONG).