Blanchissement des coraux: La Grande barrière australienne est touchée à 93%

RECHAUFFEMENT Le phénomène imputé au réchauffement de l'eau a été pour la première fois observé dans la Baie de Sydney...

20 Minutes avec agences

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Photographie transmise par WWF le 1er mars 2016, montrant le blanchiment du corail près de Lizard Island au large du Queensland en Australie
Photographie transmise par WWF le 1er mars 2016, montrant le blanchiment du corail près de Lizard Island au large du Queensland en Australie — WWF AUSTRALIA WWF AUSTRALIA

La Grande barrière de corail traverse le pire épisode de blanchissement de coraux jamais enregistré. 93 % des récifs de cette merveille inscrite au patrimoine de l’Humanité seraient même affectés, selon les chercheurs australiens deL’université James-Cook de Townsville (Queensland).

Seuls 68 récifs ont échappé au blanchissement

Ce phénomène de dépérissement des coraux se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau, qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Il est réversible si l’eau refroidit mais entraîne la mort des coraux s’il persiste.

 

 

 

Observations aériennes et inspections sous-marines à l’appui, les experts assurent aujourd’hui que les dégâts varient entre le Sud de la Barrière, où les récifs devraient être en capacité de se remettre rapidement, et le Nord, où les conséquences sont très graves. Sur les 911 récifs étudiés, seuls 68 ont ainsi échappé au blanchissement, qui est également observé dans d’autres zones du pays, comme pour la première fois en Baie de Sydney ou dans l’Etat d’Australie occidentale.

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D’ailleurs, le problème ne concerne pas seulement l’Australie, puisque le dépérissement de coraux a également été observé en Indonésie ou encore aux Maldives. Ceci alors que, dixit les spécialistes, « la chaleur du courant chaud équatorial El Nino s’est répandue cette année partout dans le monde ».

Le bilan aurait été pire sans l’effet du cyclone Winston

Le professeur Terry Hughes, responsable du Groupe de travail national sur le blanchissement des coraux, a précisé, ce mardi, que le bilan aurait été pire sans l’effet du cyclone Winston qui, s’il a dévasté les Fidji, a aussi « apporté de la pluie et de la fraîcheur sur le Queensland ».

Reste que selon lui, la Grande barrière, également menacée par les ruissellements agricoles, le développement économique et la prolifération des acanthasters (étoiles de mer qui détruisent les coraux), serait « dans une position bien précaire si elle devait son salut aux caprices d’un cyclone ».

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