EDF-Projet Hinkley Point: encore du travail à «finaliser», dit Macron

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Emmanuel Macron, ministre de l'Economie lors de la présentation du supercalculateur Bull Sequana du groupe Atos, le 12 avril à Paris
Emmanuel Macron, ministre de l'Economie lors de la présentation du supercalculateur Bull Sequana du groupe Atos, le 12 avril à Paris — ERIC PIERMONT AFP

Le ministre de l'Economie français Emmanuel Macron a indiqué qu'il restait du travail à «finaliser» avec EDF et Londres pour trouver un accord sur les réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point (Angleterre), dans une interview diffusée dimanche sur la BBC.

«Nous soutenons le projet Hinkley Point, c'est très important pour la France, c'est très important pour le secteur nucléaire et pour EDF», a déclaré M. Macron dans cet entretien diffusé dans l'émission politique dominicale de la BBC, The Andrew Marr Show.

«Maintenant nous devons finaliser le travail, en particulier le travail technique et industriel, en liens étroits avec EDF, le gouvernement britannique, pour être en position de signer dans les semaines ou le mois qui viennent», a-t-il ajouté.

«Nous travaillons activement avec le groupe, et j'ai eu une série de discussions avec mes homologues dans votre gouvernement sur les détails techniques de l'accord, pour finaliser précisément les derniers points de l'accord», a dit M. Macron, qui s'exprimait en anglais et qui a effectué jeudi une visite dans la capitale britannique.

Interrogé pour savoir si l'accord serait finalement signé, il a répondu: «C'est mon avis et c'est notre perspective, parce que je crois que c'est très important pour notre engagement envers l'énergie nucléaire».

Emmanuel Macron avait déjà laissé entendre le 7 avril que lancer la construction d'une centrale nucléaire à Hinkley Point était une question de «crédibilité» et de «cohérence» pour le géant de l'électricité EDF et la filière française de l'atome.

Le ministre a annoncé jeudi aux syndicats d'EDF qu'il n'avait pas encore pris de décision à propos de ce projet de construire deux réacteurs EPR, selon des sources syndicales.

L'entourage d'Emmanuel Macron avait précisé que le ministre avait réitéré son soutien à ce projet de 18 milliards de livres (environ 23 milliards d'euros). EDF devrait prendre début mai une décision finale d'investissement, ultime étape de sa concrétisation.

M. Macron a également «proposé aux organisations syndicales de les revoir d'ici une dizaine de jours pour un nouveau temps d'échange», a-t-on expliqué.

Le projet soulève des inquiétudes sur sa faisabilité et son poids sur les finances d'EDF, y compris chez l'électricien, et les syndicats notamment ont plaidé à plusieurs reprises pour son report.

Interrogé sur le referendum sur la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne, prévu le 23 juin, M. Macron a estimé qu'une sortie du pays du giron européen aurait des «conséquences» pour les Britanniques, notamment sur l'accès au marché commun.

«Aujourd'hui, vous êtes forts parce que vous faites partie de l'UE», a-t-il argumenté. «Lorsque vous discutez de votre secteur sidérurgique avec la Chine, vous êtes crédibles parce que vous faites partie de l'UE, pas seulement parce que vous êtes le Royaume-Uni».

Jeudi, le ministre avait également déclaré qu'il était dans «l'intérêt britannique de rester dans l'UE».