VIDEO. L'expédition «Tara Pacific» au chevet des coraux du Pacifique

OCEANS La célèbre goélette sillonnera près de 100.000 km, entre mai 2016 et septembre 2018, afin de prélever 40.000 échantillons sur des récifs coralliens menacés…

20 Minutes avec agences

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Photographie transmise par WWF le 1er mars 2016, montrant le blanchiment du corail près de Lizard Island au large du Queensland en Australie
Photographie transmise par WWF le 1er mars 2016, montrant le blanchiment du corail près de Lizard Island au large du Queensland en Australie — WWF AUSTRALIA WWF AUSTRALIA

La célèbre goélette Tara quittera Lorient (Morbihan) le 28 mai prochain pour la plus grande expédition jamais consacrée aux récifs coralliens du Pacifique. Du canal de Panama à l’archipel du Japon, puis de la Nouvelle Zélande jusqu’en Chine, Tara sillonnera près de 100.000 km, entre mai 2016 et septembre 2018, afin de prélever 40.000 échantillons sur ces récifs coralliens qui tendent à disparaître.

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Objectif : dévoiler la biodiversité à la fois génomique, génétique, virale et bactérienne d’un récif. Un écosystème fragile que l’on connaît finalement assez mal. Et se pencher sur l’état de santé des récifs confrontés aux changements climatiques et à l’acidification des océans.

Dix ans d’exploitation des informations récoltées

A bord de la goélette, six marins et une équipe de scientifiques interdisciplinaire pour une approche « transversale ». Biologistes coralliens, océanographes, spécialistes du plancton, ils seront au final 70 scientifiques à se relayer en mer. Suivront ensuite dix ans d’exploitation des informations récoltées.

« L’expédition "Tara Pacific" sera ainsi la première tentative, à l’échelle du plus grand océan de la planète, d’étude du corail avec ses symbioses, c’est-à-dire ses locataires, bactéries, virus, algues, champignons, etc. », explique Stéphanie Thiébault, directrice de l’Institut écologie et environnement du CNRS.

 

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Les récifs coralliens ne couvrent qu’environ 0,2 % de la superficie des océans, mais rassemblent près de 30 % de la biodiversité marine. On estime alors à plus de 26 milliards d’euros par an dans le monde les services qu’ils nous rendent. A commencer par la pêche (ils attirent les poissons) ou la protection des côtes (ils brisent les vagues et limitent l’érosion).

500 millions de personnes directement dépendantes du corail

Reste que le réchauffement des eaux lié à la pollution, à l’aménagement des côtes, à la surpêche ou à l’accroissement démographique provoque le phénomène cataclysmique du « blanchissement » qui transforme le corail en squelette blanc. 20 % des récifs seraient déjà détruits,20 % sont menacés d’ici quarante ans.

Durant cette 11e expédition, Tara va donc s’attacher à naviguer jusqu’à des îlots très isolés et des archipels très denses en population pour tenter de dissocier chaque facteur responsable de cette dégradation et de trouver des solutions à la protection du corail don, selon Serge Planes, l’un des spécialistes français des coraux, « à peu près 500 millions de personnes en sont directement dépendantes » en termes de revenus ou d’alimentation.