Pau: des militants écologistes perturbent l'accès à un congrès de l'industrie pétrolière

© 2016 AFP

— 

Des militants écologistes protestent en marge d'un congrès de l'industrie pétrolière, le 7 avril 2016 à Pau
Des militants écologistes protestent en marge d'un congrès de l'industrie pétrolière, le 7 avril 2016 à Pau — GAIZKA IROZ AFP

Un congrès organisé par l'industrie pétrolière et gazière pendant trois jours Pau a été perturbé une nouvelle fois jeudi par des militants écologistes qui dénoncent une atteinte aux engagements pour le climat pris lors de la COP21 de Paris, a constaté une correspondante de l'AFP.

Plus d'une centaine de militants ont momentanément entravé l'entrée des participants, obligeant certains d'entre eux à rebrousser chemin, tandis que les forces de l'ordre lançaient des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon un photographe de l'AFP.

«A 8H00 ce matin, nous avons réussir à franchir les barrières de sécurité érigées par la police et à bloquer plusieurs entrées, empêchant certains congressistes de rentrer dans l'enceinte», a expliqué à l'AFP, Jon Palais, militant de Bizi, une des associations du collectif (Alternatiba, les Amis de la Terre, Attac, Bizi, etc.) à l'origine des manifestations.

«Nous avons réussi à ce que le sommet s'organise dans des conditions d'anormalité, la police escortant les congressistes. C'est notre objectif pour dénoncer l'exploitation toujours plus importante du pétrole en mer promu par ce sommet», a-t-il ajouté.

Depuis le lancement du congrès MCE Deepwater (Marine, Construction and Engineering) consacré à l'exploitation du pétrole offshore et accueilli par Total jusqu'à jeudi à Pau, environ 500 militants multiplient les actions non-violentes - rassemblements, effigies de sirènes mortes, concerts, blocages - pour dénoncer «la destruction du climat par les industries pétrolières quatre mois après les engagements pris par la COP21.»

Jeudi, à la mi-journée, un «die in» doit être organisé par les manifestants. «Des personnes couchées par terre vont symboliser les milliers de morts, et demain les millions, qui meurent à cause des conditions climatiques», a indiqué Txetx Etcheverry, un des responsables du mouvement Alternatiba. Ce dernier a été brièvement interpellé jeudi matin avec trois autres militants pour un contrôle d'identité.

A l'ouverture du congrès, le directeur général de l'exploration et de la production de Total, Arnaud Breuillac, avait déclaré à la presse que «même dans les scénarios les plus optimistes dans le renouvellement des énergies renouvelables, le pétrole et le gaz représenteront encore plus de 50% de l'énergie aux environs de 2025-2040». «Il faut donc qu'on continue à produire du pétrole et du gaz dans de bonnes conditions, respectueuses de l'environnement», avait-il souligné.