Syrie: Les sites archéologiques détruits recréés en 3D

HIGH-TECH La base de données «Syrian Heritage» vous permet de visiter vituellement les célèbres temples de Palmyre et des centaines d'autres trésors détruits par Daesh...

20 Minutes avec agences

— 

Photo prise le 14 mars 2014 du temple de Bêl dans l'antique cité de Palmyre.
Photo prise le 14 mars 2014 du temple de Bêl dans l'antique cité de Palmyre. — JOSEPH EID / AFP

Les célèbres temples de Bêl et Baalshamin à Palmyre, le Krak des Chevaliers, immense château fort croisé au nord de Damas, le Palais Azem (ancien palais du gouverneur ottoman), ou le site phénicien d’Ougarit, d’où provient la plus ancienne écriture alphabétique au monde. Ces sites archéologiques syriens détruits ou pillés depuis le début du conflit en 2011 pourront, dès demain, mardi, être visités en ligne sur la base de de données « Syrian Heritage ».

Avec eux, la citadelle de Damas, datant également du 11e siècle, la mosquée des Omeyyades à Damas (8e siècle), des maisons traditionnelles de la période ottomane, le théâtre romain de Jableh et ou les collections de grands musées syriens, dont celui de Lattaquié. Autant de trésors dynamités par Daesh et reconstruits en 3D par la startup française Iconem.

Une précision pouvant aller jusqu’au millimètre

Et afin de représenter le plus fidèlement possible ces sites, Iconem [qui a déjà scanné des sites archéologiques en Afghanistan ou numérisé intégralement la cité antique de Pompéi] s’est rendue fin 2015 à Damas pour apporter matériel et formation à une quinzaine d’archéologues syriens.

Objectifs : Survoler les sites avec des drones équipés d’appareils photos et utiliser au mieux la photogrammétrie, technologie innovante de traitement d’images capable de synthétiser des milliers de clichés pour reproduire les monuments avec une précision pouvant aller jusqu’au millimètre.

Le résultat de ce travail d’orfèvre, publié progressivement sur les sites d’Iconem et de la Direction Générale des Antiquités et des Musées syrienne (DGAM), offre des visites virtuelles interactives, des vidéos en images de synthèse et des documentations à usage scientifique.

« Eviter une perte irréparable pour l’humanité »

« Cette solution offre aux sites archéologiques un véritable espoir de renaissance, et permettra quoi qu’il arrive d’en conserver la mémoire. L’opération que la DGAM a menée avec Iconem va permettre d’éviter une perte irréparable pour l’humanité », explique Maamoun Abdulkarim, directeur des antiquités syriennes, dans un communiqué.

Plusieurs autres projets de numérisation en 3D des sites syriens sont en cours, dont celui de l’Institut pour l’archéologie numérique, créé par les universités d’Oxford (Royaume-Uni) et Harvard (États-Unis). En attendant, « Syrian Heritage » vous propose déjà de découvrir cinq sites en accès libre : la mosquée des Omeyyades, le site d’Ougarit, les maisons damascènes, le théâtre de Jableh et le Krak des Chevaliers. L’intégralité de la collection sera, quant à elle, disponible fin mai.