Nicolas Hulot quitte sa mission à l’Elysée… pour mieux y retourner en 2017?

ECOLOGIE Officiellement, il se consacrera maintenant uniquement à sa fondation…

Audrey Chauvet

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Nicolas Hulot à la réŽdaction de 20 Minutes, le 26 novembre 2015.
Nicolas Hulot à la réŽdaction de 20 Minutes, le 26 novembre 2015. — Charlotte Gonthier/20 Minutes

C’était la dernière « séquence émotion » : la COP21 terminée, Nicolas Hulot quitte ses fonctions d’envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a-t-il annoncé ce mercredi soir. Cette mission, commencée en 2013, avait pour but « de mobiliser l’opinion internationale sur l’urgence de la crise écologique et de faire en sorte que la 21e Conférence de l’ONU [COP21] soit un moment d’ambition collective », précise la Fondation Hulot (FNH).

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Des clins d’œil à la présidentielle

Après le succès de la COP21, pendant laquelle 195 pays sont parvenus à se mettre d’accord pour limiter le réchauffement climatique « bien en deçà de 2°C », Nicolas Hulot estime avoir accompli sa mission quasi-impossible. Il n’abandonne toutefois pas le combat : « Loin d’être un aboutissement, la COP21 marque le début d’une nouvelle ère. Le monde regarde et marche enfin dans le même sens. Je poursuis bien entendu mon engagement à travers ma fondation pour que les moyens mis en œuvre soient à la hauteur du défi à relever », ajoute Nicolas Hulot.

A la FNH, on confirme que la fin de cette mission « n’est pas du tout une surprise » et que « pour le moment, Nicolas Hulot reprend le lobbying et l’action à travers la fondation ». Aucun « projet particulier » n’est évoqué. Pourtant, la perspective de 2017 approche et autour du plus célèbre écologiste français, les blagues et allusions à une possible candidature fusent. L’ex porte-parole de la FNH ne s’en est pas privé.

« Je ne les envie pas »

En novembre dernier, « 20 Minutes » avait soumis l’idée d’un futur rôle politique à Nicolas Hulot. « Moi qui ai côtoyé le pouvoir depuis trois ans, je ne les envie pas », nous confiait Hulot, qui ne semble pas non plus prêt à s’engager aux côtés d’un parti politique après la douche froide d’Europe-Ecologie-Les-Verts en 2012. « L’écologie doit avoir une dimension suprapolitique (…). En faire un enjeu politicien, c’est consternant. » En septembre, des rumeurs sur un possible ministère pour Nicolas Hulot avaient vite été douchées par l’intéressé.

Nicolas Hulot reste toutefois très aimé des Français et pourrait avoir une vraie carte à jouer en 2017. D’après une enquête Odoxa pour Paris Match et iTélé réalisée en décembre, l’écologiste arrive en tête des personnalités que les Français aimeraient voir jouer un rôle en politique, avec 33 % d’avis favorables. Un autre sondage Ifop pour Atlantico réalisé en octobre dernier révélait que 34 % des Français seraient prêts à voter pour Nicolas Hulot s’il se présentait à la présidentielle de 2017. Un des résultats étonnants du sondage est que même les sympathisants Front National se sont prononcés favorables à une candidature Hulot, affirmant à 32 % être prêts à voter pour lui, contre 25 % pour Eric Zemmour.

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Le « troisième homme » ?

Hulot serait-il le troisième homme capable de rallier les votes de protestation qui bénéficient aujourd’hui au Front national et de proposer une alternative aux électeurs de gauche déçus ? « Ose ! », avait lancé Daniel Cohn-Bendit à Hulot en octobre dernier au micro d’Europe1. « Je ne sais pas si il faut un candidat écologiste à la présidentielle, mais s’il doit y en avoir un, il n’y en a qu’un, c’est Nicolas Hulot. C’est pas Cécile Duflot, c’est pas Jean-Vincent Placé, c’est pas Dany Cohn-Bendit. C’est Nicolas Hulot qui est le seul à parler différemment, de l’environnement, du capitalisme… Ce serait le seul qui ne serait pas dans ces petits accords politiques. Ose, Nicolas Hulot. S’il doit y avoir un candidat, prends tes responsabilités », avait lancé l’instigateur du grand rassemblement des écologistes en 2009.