COP21: Pourquoi les énergies fossiles et les transports ne figureront pas dans le texte de l’accord sur le climat

CLIMAT On sait déjà que les mots « énergies fossiles » ou «transports» n’y figurent pas…

Au Bourget, Audrey Chauvet

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Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius rencontre des ONG lors de la conférence sur le climat au Bourget le 8 décembre 2015
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius rencontre des ONG lors de la conférence sur le climat au Bourget le 8 décembre 2015 — ALAIN JOCARD AFP

Ce jeudi, la patience est le mot d’ordre au Bourget : l’avant-dernière version de l’accord sur le climat, qui devait être publiée à 15h, est repoussée à 19h, voire plus tard. La dernière ligne droite avant la remise du texte finale se rallonge d’heure en heure et l’optimisme de la France, qui assurait vouloir rester sur la date butoir de vendredi 11 décembre, est de plus en plus remis en cause.

Si, à l’heure où cet article est écrit, beaucoup d’options restent en suspens dans le texte, on sait déjà ce qui n’y figurera pas.

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Les énergies fossiles

Le terme « énergies fossiles » ne figure pas dans l’accord. Pourtant, ce sont clairement ces énergies, grosses émettrices de charbon, qui sont la source de la plus majorité des gaz à effet de serre. « Si l’accord vise l’objectif ambitieux de limiter le réchauffement à 1,5°C, les scientifiques nous disent qu’il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 à 95%, ce qui veut dire passer au 100% énergies renouvelables », commente Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Mais le terme « énergies renouvelables » ne figure pas non plus dans le texte, sauf pour promouvoir l’accès à l’électricité en Afrique « par le déploiement renforcé des énergies renouvelables ».

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L’aviation

Les transports aériens et maritimes, qui pourraient représenter un tiers des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, ne sont plus inclus dans le texte. Un paragraphe qui nommait ces secteurs pour les inciter à réduire leurs émissions de carbone a sauté, au grand dam du commissaire européenne à l’Energie, Miguel Arias Cañete, qui déclarait vouloir « se battre pour qu’il soit réintégré ». Peine perdue, de nombreux pays dépendent trop du transport de marchandises et de l’aviation pour tolérer la mention de ces deux secteurs, les Etats-Unis et la Chine en premier lieu.

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Décarbonisation

La «décarbonisation » de l’économie, à savoir le processus de transformation de tous les secteurs économiques en industries n’émettant pas de carbone, a de grandes chances d'être remplacé par le terme flou de « neutralité climat ».

Capture d'écran du draft de l'accord publié le 9 décembre 2015.

Littéralement, cette expression signifie qu’une usine ou un moyen de transport seront compatibles avec l’objectif de limitation du réchauffement climatique s’ils n’ont pas d’effet sur le climat. Logique. Sauf que ce « terme flou » pour les ONG cache de nombreux moyens détournés de mettre le carbone sous le tapis : la compensation, par exemple en finançant des projets de reforestation, en ferait partie ainsi que les techniques de capture-stockage du carbone qui ne font pas l’unanimité chez les défenseurs de l’environnement.

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