COP21: Un accord, pour le pire ou pour le meilleur?

CLIMAT Jeudi, le texte final de l’accord mondial sera présenté. Son contenu est encore incertain…

Audrey Chauvet

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Le logo Cop21 dans un hall de la conférence au Bourget en région parisienne. Le 1er décembre 2015
Le logo Cop21 dans un hall de la conférence au Bourget en région parisienne. Le 1er décembre 2015 — Christophe Ena/AP/SIPA

La nuit va être longue : ce mercredi en fin d’après-midi, les délégués des 195 pays représentés à la COP21, leurs ministres respectifs et les observateurs de la société civile, se préparaient à la dernière nuit de négociations avant la présentation jeudi du texte final de l’accord. Le brouillon présenté par Laurent Fabius mercredi laisse encore beaucoup de points en suspens et les ONG redoutent un accord au rabais.

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Des points cruciaux encore en suspens

« Au regard de toute la dynamique qui a entouré cette COP, la présence de 150 chefs d’Etat à l’ouverture, la mobilisation de la société civile, un accord peu ambitieux ne serait pas à la hauteur », estime Denis Voisin, responsable du plaidoyer à la Fondation Nicolas Hulot. « L’accord peut être extrêmement ambitieux ou être un accord a minima », renchérit Pascal Canfin, conseiller principal pour le climat du World Resources Institute (WRI).

Même si le texte a été considérablement élagué, passant « de 43 à 29 pages avec trois quarts de crochets en moins » a précisé Laurent Fabius, le président de la COP21, trois points cruciaux restent en suspens :

1- Quels pays doivent contribuer à financer l’adaptation des pays en développement au réchauffement climatique ?

2- A quelle date les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des Etats seront-ils révisés à la hausse ?

3- Et surtout quel objectif vise-t-on ?

« Trois options sont encore dans le texte : une vers 2°C de réchauffement, une vers 1,5°C et une de compromis », explique Denis Voisin.

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John Kerry en vedette américaine

Concernant les financements, les Etats-Unis par la voix de John Kerry ont marqué leur engagement ce mercredi : le secrétaire d’Etat américain a annoncé un doublement de l’aide américaine d’ici à 2020. Les Etats-Unis porteront ainsi leur aide aux pays en développement de 430 à 860 millions de dollars. Mais le texte de l’accord ne tranche toujours pas sur les pays qui devront contribuer à ce « fonds vert » : nombre de contributeurs veulent que les pays émergents comme les pays du Golfe, le Brésil ou la Corée du Sud mettent aussi la main au porte-monnaie. Ce que ces derniers refusent de se voir imposer.

Ce mercredi soir, la température est donc montée d’un cran au Bourget : les délégations nationales se sont réunies dès 15h30, après la remise du brouillon de l’accord, pour faire un premier retour sur leur position à 20h. Ensuite, les négociations reprendront toute la nuit pour que le texte soit finalisé dans les délais. « On a du mal à imaginer qu’il n’y aura pas d’accord à l’issue de la COP21, estime Denis Voisin. Il reste maintenant 24h pour avoir un accord ambitieux. »

Coup de pression

Pour mettre la pression aux négociateurs, les ONG ont organisé en fin de journée un grand sit-in dans la zone du Bourget où se réunissent les délégations. Dans cette COP sous très haute sécurité, les défenseurs de l’environnement ont attendu que les négociateurs soient au pied du mur pour se manifester : « Les ONG ont évidemment raison de mettre la pression pour que ce texte soit le plus ambitieux possible », pense Pascal Canfin. Les négociateurs accoucheront-ils d’un texte « ambitieux et contraignant » comme le voulait la présidence française ? Fin du suspens jeudi.