Marrakech, au Maroc.
Marrakech, au Maroc. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

CONFERENCE

Climat: Comment le Maroc prépare déjà la COP22

La prochaine conférence des Nations unies sur le climat aura lieu à Marrakech…

Non, ce ne sera pas le souk : le Maroc, qui accueillera la prochaine conférence sur le climat de l’ONU, la COP22, en novembre 2016 est déjà dans les préparatifs. Présent sur le site de la COP21 au Bourget et à l’exposition SolutionsCOP21 au Grand Palais, le royaume veut profiter de cet événement pour mettre en lumière ses engagements pour le climat. « C’est une grande fierté d’accueillir la COP22 et nous avons la légitimité de le faire car nous avons beaucoup de projets pour le développement durable », explique Hatim El Gharbi, directeur de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en France.

Le Maroc marche au solaire

Deuxième pays d’Afrique à avoir remis sa contribution nationale au secrétariat des Nations unies pour la COP21, le Maroc s’est engagé à réduire d’au moins 13 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Le Plan vert adopté en 2014 prévoit de faire passer la part des énergies renouvelables de 28 % en 2008 à 42 % en 2020. Pour cela, le Maroc peut s’appuyer sur son soleil : la plus grande centrale solaire du monde va bientôt être opérationnelle à Noor, près de Ouarzazate. Elle fournira à terme 580 mégawatts (soit environ 70 % de la capacité d’un réacteur nucléaire).

« Le Maroc est devenu l’un des acteurs majeurs de la transition énergétique dans le monde et plus particulièrement sur le continent africain », a déclaré le roi du Maroc lors de l’ouverture de la COP21. Le pays veut devenir un chef de file en Afrique et « donner l’exemple » sur les énergies renouvelables mais aussi l’interdiction des OGM et des sacs plastiques.

Des « excursions » pour les délégués de la COP22

Pour le Maroc, le développement durable passe aussi par le tourisme, qui représente 8 % du PIB et est un gros créateur d’emplois. L’industrie touristique est en train de se réformer pour accueillir des « éco-touristes » : « Pour les nouvelles implantations touristiques, nous imposons plusieurs critères, notamment le respect du trait de côte sur le littoral, l’emprise au sol ou le retraitement des eaux usées, énumère Nada Roudies, secrétaire générale au ministère du Tourisme marocain. Hatim El Gharbi espère profiter de la COP22 pour organiser des « excursions » au cours desquelles les délégués du monde entier pourront découvrir les réalisations marocaines en matière de tourisme durable : « Organiser une COP coûte bien sûr de l’argent mais c’est une vitrine formidable et le retour sur investissement est toujours bon ».

Le programme de la COP22 est encore loin d’être fixé puisqu’il dépendra de l’issue de la COP21, qu’on ne connaîtra que ce vendredi. Mais d’un point de vue logistique, Hatim El Gharbi est confiant : « Nous avons tout ce qu’il faut à Marrakech pour héberger tous les participants dans d’excellentes conditions. Nous avons les infrastructures pour les conférences et les événements annexes. Tout le monde sera hébergé de manière responsable car tous les hôtels de Marrakech sont maintenant formés à la gestion raisonnée de l’eau et des déchets », assure-t-il.